|
|
 |
 |
 |
|
 |
| Un Jour à New-York... |
 |
| |
Mercredi le 22 décembre, 2004 |
L’homme ne se passe que la tête et les épaules dans l’ouverture de la porte. Sa voix est nasillarde.
- Hé! Toi, la cravate, Ted t’attends, suis-moi.
Il referme la porte aussitôt et attend sur le trottoir dos à la porte.
Ai-je bien compris, se dit Renaud, il m’a appelé la cravate! Pauvre con, je porte une cravate signée, Ermegildo Zegna. Le prix de cette cravate pourrait payer sa pension pour le mois.
Merci Jenny pour le mauvais café et surtout les mauvais conseils...
-Tu reviens quand tu veux, Frenchie, je suis toujours là.
Renaud referme la porte derrière lui et fait le geste de taper le gars sur l’épaule pour lui signifier qu’il est là, prêt à le suivre, mais ce dernier esquive son geste car il est déjà engagé dans la rue.
Renaud le suit à environ deux ou trois mètres derrière. En aucun temps le gars ne se retourne pour voir si Renaud est là.
Curieusement cette fois-ci la porte nécessitant un code d’entrée est grande ouverte et autre surprise l’ascenseur de gauche est maintenant en fonction. Le gars est déjà dans la cabine, retenant la fermeture de la porte.
C’est un vieil ascenseur semi-automatique avec grillage en métal. On n’appuie pas sur le bouton, on le tire plutôt vers soi. Une autre surprise attendait Renaud, il y a un bouton pour le 17ième dans l’ascenseur de gauche. L’arrivée à l’étage se fait en soubresaut.
L’appareil s’arrête d’abord 10 centimètres trop haut, puis retombe immédiatement 5 centimètres trop bas pour finalement se placer au niveau du plancher de l’étage. À l’ouverture des portes Renaud a un moment d’hésitation, devant lui un mur, un mur tout gris, et il n’y a pas d’éclairage. Avant qu’il n’ait eu le temps de s’en rendre compte, le gars pousse une porte dissimulée dans le mur et fait signe à Renaud d’avancer. Ce dernier s’exécute, mais a tout de même le temps de remarquer que cette porte, de l’intérieur du passage, porte un numéro d’appartement le 207.
Que de choses bizarres qui m’arrivent en peu temps, se dit Renaud.
Le gars ouvre la porte du 204 et fait signe à Renaud de passer le premier et se glisse derrière lui.
Renaud tient sa mallette à deux mains devant lui, il n’ose pas bouger, il est dans une noirceur totale.
Il entend que sur sa droite on tire un rideau.
- Bouge pas la cravate, Ted n’est pas prêt, dit la voix nasillarde.
Renaud fait un terrible effort mental pour se retenir mais hélas, le geste a précédé la pensée.
Il sent que son pied vient d’écraser ou d’écorcher les orteils de son hôte.
- Excusez moi, dit Renaud, je ne savais pas que vous étiez si prêt, et en plus il fait tellement noir… I am very sorry...
Il sent que ses derniers mots n’ont pas été entendus, l’autre a déjà disparu.
Comment faut-il se comporter dans une situation semblable se demande Renaud?
Il réalise que la première chose à faire, est de fermer les yeux quelques instants ou du moins le temps nécessaire pour que sa vision puisse s’ajuster rapidement à cette obscurité.
Les yeux fermés, il se demande s’il ne devrait pas plutôt ouvrir la porte derrière lui et se sauver à toutes jambes, et oublier à tout jamais ce rendez-vous avec Scharwtz. Par contre, se dit-il, c’est quand même lui qui a insisté pour que je sois là. Et l’enjeu est tout de même important.
Pendant qu’il réfléchit, yeux toujours fermés, il sent que quelque chose lui frôle les mollets.
Beau chien.., Beau chien-chien..., fait Renaud à mi-voix...en se remémorant la lourdeur des aboiements.
Que je suis bête, encore plus bête que lui, ce chien n’a jamais entendu un mot de français, nice dog...nice... do...dog....
Déjà il y voit plus clair, la noirceur a fait place à une demi-obscurité.
Devant lui, à moins d’un mètre à la hauteur des yeux, un téléphone accroché au mur. Sur la gauche un petit comptoir encastré, au centre un lavabo. Autant dans le lavabo que sur le comptoir, des assiettes souillées sont empilées sur une hauteur d’un demi-mètre.
La pièce est toute petite, à trois dans cet espace, y a une personne en trop. Au fond de la pièce une chaise droite dont le dossier est caché par autant d’assiettes sales.
J’espère qu’on ne m’invitera pas à prendre le petit déjeuner ici, sinon j’abandonne. Tout en se faisant cette réflexion, il essaie de voir sur sa droite ce qu’il peut découvrir.
Malheureusement son angle de vue est restreint par une porte en arche. Sa vision en angle lui permet d’apercevoir le pied d’un lit simple d’un côté et un autre en face. On dirait un dortoir. Il entend quelqu’un toussoter légèrement.
Soudainement apparaît devant lui une jeune fille complètement nue.
La jeune femme passe à côté de lui sans même se rendre compte de sa présence.
Renaud est éberlué.
La jeune femme disparaît dans une pièce située à peine un mètre de lui sur sa droite.
Renaud comprend rapidement que cette femme est aux toilettes.
Elle n’a même pas fermer la porte, je me demande bien...
Sans avoir tiré la chasse d’eau, la jeune femme repasse devant lui et disparaît à nouveau dans la pièce qui lui semble être un petit dortoir.
Sa curiosité est trop grande, sur la pointe des pieds il fait deux pas en avant et jette un coup d’œil rapide dans la pièce.
Quinze à vingt lits simples dans une chambre commune, l’un en face de l’autre...
J’avais raison, se dit-il, c’est un refuge ! Où peut-être bien une secte quelconque ou je ne sais trop.
Soudainement une sonnerie de cadran se fait entendre suivit immédiatement par la radio qui fait aussi office de réveil.
Renaud n’est pas au bout de son étonnement.
Sans les apercevoir, il comprend que tout le monde est debout en même temps, ce qu’il comprend moins c’est que tout le monde s’est jeté sur le téléphone.
Il ferme les yeux pour essayer de mieux entendre ce qui se dit.
Il y a des voix d’hommes et de femmes. Tout le monde parle.
Une cacophonie indescriptible.
Renaud essaie de comprendre une logique dans une telle situation. Comment tous ces gens qui se lèvent au même moment ont-ils le réflexe premier de téléphoner ? A qui et pourquoi ? Et chacun a nécessairement un téléphone près du lit. A peine sortis du lit, ils téléphonent... C’est la chose la plus bizarre qu’il m’ait été donné de voir ou d’entendre...
|
La nouvelle méthode de golf révolutionnaire Golf ANTRAD Visitez le site http://www.golfantrad.com/
Vous voulez recevoir dans votre courriel une blague tous les jours? Cliquez ici!
|
|
|
|
|
|
Recherche dans
Marcel Béliveau
|
|
|
|
|
|
|
 |
|