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| Un Jour à New-York... |
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Mercredi le 02 février, 2005 |
Au cinéma ! Au cinéma ! répéta Jérôme. Chaque fois que je t’ai offert d’aller au cinéma, tu me disais que c’était trop long, que c’était du temps perdu ou encore que le seul cinéma qui te plaisait était celui que la vie te faisait.
Jérôme, pourquoi y auraitil, justement du cinéma entre nous. Qu'est-ce qui te tracasse au juste, pour quoi ne pas aller droit au but.
Je m’excuse Mimi de poser la question en ta présence, mais Pierre je voudrais savoir ce qui se passe entre toi et ma bonne femme.
Tout en jouant dans le cendrier avec sa cigarette qu’il tenait de la main gauche, ton père lui répondit :Ce qui se passe, distal,... rien, ce qui s’est passé.... rien et qu'est-ce qui va se passer... rien. Est-ce que ça te convient.
Je vis dans les yeux de Jérôme un éclair de soulagement, mais il revint aussitôt à la charge.
Tu peux me dire le titre du film que tu as vu.
J’en suis pas certain ,c’était un film de guerre, le titre : Les bérets, bleus ou verts, j’ai pas tellement porté attention au titre.
Un film de guerre en plus, toi qui a horreur de la violence, de la guerre , de l’injustice...
Il était évident qu’aux questions que posait Jérôme, que les réponses fournies par Pierre n’effaçaient pas tous ses doutes. J’avoue que moi-même je n’étais pas rassuré devant son insistance.
Tu m’excuseras Pierre si je te donne l’impression de mettre en doute ce que tu me racontes, mais faut me comprendre. Je suis arrivé à la maison vers onze heures. La première chose que Dany m’a dite :
Heureusement que tu n’es pas arrivé plus tôt, tu nous aurais gâché la soirée, ton ami Pierre vient tout juste de quitter.
Elle portait un déshabillé que je n’avais jamais vu auparavant. Sur la table, une bouteille de champagne vide de même qu’une bouteille de vin, ainsi qu’une chandelle qui finissait de se consumer. De plus, elle m’a dit ça avec un sourire dans la voix.
Alors, mets-toi à ma place, une femme que j’aime, avec qui je vis depuis quatre ans qui m’apprend une chose pareille. Je me précipite chez toi pour que tu m’apprennes tranquillement que tu es allé au cinéma sachant que tu ne vas jamais au cinéma. Est-ce que tu comprends dans quel état d’esprit je suis. D’un côté un ami en qui j’ai confiance et de l’autre une femme qui n’a aucune raison de m’inventer une histoire semblable. C’est vrai qu’entre elle et moi, ces derniers temps c’est moins jojo. Nous avons eu une grosse dispute avant-hier, madame était furieuse parce que j’étais incapable de faire le virement complet du paiement de la voiture.
Mais c’est elle qui voulait un cabriolet!
Elle m’a aussi reproché de lui avoir acheté un tailleur haut de gamme à un prix exorbitant. Pourtant chaque fois qu’on passait devant la vitrine, elle prenait quelques instants pour l’examiner. J’ai voulu lui faire plaisir, je l’ai acheté. Et bien vous n’allez pas le croire, elle m’a dit que j’étais un homme au caractère trop mou, pour avoir cédé à un caprice de femme, sachant qu’on ne pouvait se le permettre.
J’étais étonné du calme de ton père. Il écoutait Jérôme sans broncher ni sourciller.
C’est évident, enchaîna Jérôme, que je lui ai posé la question : Est-ce que tous les deux... vous avez...
À cet instant Jérôme se prit la tête entre les deux mains et se mit à pleurer. Entre deux sanglots, il ajouta :
Elle m’a répondu, si c’était à recommencer mon coco, je recommencerais même devant toi.
Il faisait vraiment pitié le Jérôme, je me suis levé et je lui ai versé une bonne rasade de cognac. Pierre m’a fait signe de lui en servir un également. Jérôme a calé son verre en deux gorgées successives.
Et toi Pierre, comment peux-tu expliquer à quelqu’un de torturé comme moi, que ce soir précisément, tu sois allé au cinéma.
Bon, Jérôme, soit calme et écoute-moi, lui a dit ton père, je vais te dire la vérité.
Je t’avoue Gévry, que moi aussi j’avais drôlement envie de la connaître, après tout je ne connaissais pas ton père depuis très longtemps. Même si entre nous c’était le parfait bonheur, il n’y avait pas eu de vœux de fidélité et un homme demeure un homme. Et j’avoue que la Dany avait ce qu’il fallait pour faire perdre la tête à un curé.
Jérôme, il est vrai que je suis passé chez toi hier soir et ça, Mimi le savait dit Pierre en me prenant à témoin. J’ai acquiescé de la tête. J’ai quitté Dany, continua ton père, vers vingt heures, car j’avais rendez-vous à vingt heures trente au Rond-Point des Champs Élysées. J’étais à peine installé, le garçon de café n’avait pas encore apporté la bière pression que j’avais commandée lorsque le jeune homme derrière le bar m’a demandé de m’approcher.
Etesvous monsieur Pierre Gévry, quelqu’un vient de téléphoner pour vous. Il vous prie de l’excuser il lui est impossible de respecter le rencard. Il a dit qu’il allait vous téléphoner demain. En me retournant, qui est-ce que j’aperçois : Beaudry ! Marco Beaudry, un camarade de classe que j’avais perdu de vue depuis plusieurs années et qui était de passage à Paris. Évidemment que nous étions, autant l’un que l’autre, surpris et ravis de cette rencontre proposée par le hasard. Nous avons bavardé, chacun de nous s’informant du chemin parcouru. Je sais bien que je te parle de quelqu’un que tu ne connais pas et que son cheminement ne t’intéresse d’aucune façon. Mais étant donné que tu exiges des explications je te les donne.
Marco a toujours rêvé d’être comédien ou acteur. Malgré toutes les embûches, il y est parvenu. Et voilà que l’an dernier il a décroché un tout petit rôle dans un film américain. Le film est sorti en salles depuis environ cinq semaines. Il était tellement fier qu’il m’a proposé d’assister avec lui à la représentation de vingt et une heure cinq. Nous sommes arrivés, le film était déjà commencé, depuis une bonne vingtaine de minutes, mais Marco n’apparaissait qu’au milieu et à la fin du film. J’avoue que j’ai été tout de même un peu bouleversé lorsqu’à la toute fin, Marco se faisait tué. Malgré que ce soit du cinéma, j’ai eu l’impression d’assister à la mort brutale d’un ami. C’était vraiment réaliste. A la sortie nous avons pris un café discuté encore un peu et je suis rentré. |
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