|
|
 |
 |
 |
|
 |
| La deuxième leçon... ( suite de samedi) |
 |
| |
Mardi le 23 novembre, 2004 |
Quelques années plus tard la vie m’apprit une deuxième grande leçon. J’avais quatorze ans. Je faisais parti des cadets de l’aviation. Chaque année on nous invitait dans des camps d’été. On m’avait refusé au premier camp à cause de la maladie de mon père. On s’est retrouvé à Sarnia en Ontario. A la fin du camp, les dirigeants militaires ont organisé des olympiades. On opposait les francophones aux anglophones. Y avait toutes sortes de disciplines, courses à pied, courses à relais, sauts en hauteur, tirs à la carabine, etc. Il y avait aussi la boxe.
J’ai appris à ma grande surprise que mes camarades m’avaient désigné pour les représenter à la boxe. La grande finale aurait lieu le samedi soir dans le hangar de la base militaire.
Le samedi après midi, séance d’entrainement au gymnase. Je fis quelques rounds de pratique avec celui que je devais affronter le soir même, un p’tit rouquin de l’Ouest canadien.
Peut-être ai-je mis trop de fougue dans la pratique, mais le petit rouquin a choisi de se désister du combat. Je n’avais plus d’adversaire. On était assuré d’une médaille sans faire d’effort. Sauf que ça ne s’est pas passé comme ça. On lui a trouvé un remplaçant.
Est entré dans le gymnase à la stupéfaction de tout le monde mon nouvel adversaire de la soirée : Monsieur Muscle en personne. Goliath réincarné.
Il avait son propre équipement, gants de boxe, culottes de boxe, bottines de boxe. Moi qui n’avait que de vieux «running shoes», je trouvais ses bottines particulièrement belles. D’une seule main, sans regarder, il tapait sur le ballon d’entrainement sans rater un seul coup. ( ta-patata, patata, patata… )
Mon sergent m’a fait venir à part, pour me dire : Marcel, as-tu vu le monstre, c’est un vrai professionnel, as-tu vu comment ce gars-là est bâti. Il va te tuer. Non mais, regarde-le aller, ta-patapapata....
Je vous avoue qu’il n’a pas eu beaucoup de difficulté à me convaincre que j’étais mieux d’être parmi les spectateurs que dans l’arène.
Le soir même nous étions tous réunis dans le hangar pour la grande finale.
Les anglais sur un bord, les français sur l’autre. Au troisième combat arrive sur l’arène, vêtu d'un kimono en soie, Monsieur Muscle. Je me demande bien qui va oser affronter un taureau semblable. Non seulement il est impressionnant physiquement, mais en plus il est acrobate. Un peu comme on voit dans les soirées de lutte professionnelle, il grimpe sur le cordage, fait une magnifique culbute arrière et retombe en équilibre sur ses deux pieds.
L’annonceur officiel prend le micro pour dire à la foule (en anglais ) que le représentant francophone est absent et que si personne ne se présente, et bien Goliath va gagner par défaut.
Dans les estrades, mes camarades me regardent comme si j’étais le pire des lâches, comme si l’honneur du Québec en entier reposait uniquement sur moi.
Je ne sais pas si c’est l’orgueuil, la fierté ou la témérité, mais en deux bonds je suis dans l’arène. J’explique à l’annonceur que je suis en retard et que si on me donne le temps d’aller me changer je suis prêt à affronter le gorille.
Dans le vestiaire, je constate qu’ il est trop tard pour revenir sur ma décision. J’enfile de vieux gants de boxe, des culottes trop grandes et des bottines qui ne sont même pas de la même pointure.
Le combat commence, je me rue sur la brute comme si mon dernier jour était arrivé. Je frappe de toutes mes forces et avec toute mon énergie. Je n’entends pas mes camarades qui hurlent et m’encouragent. Je frappe sans arrêt.
À trente secondes de la fin du premier round, Goliath met un genou par terre, il abandonne, il en a assez. Je suis complètement vidé et épuisé mais j’ai gagné.
C’est pas uniquement un combat de boxe que je venais de gagner.
Je venais de gagner un combat pour la vie...
Je venais d’apprendre quelque chose qui allait me servir dans la vie de tous les jours.
Quelles que soient les apparences, quelles que soient les difficultés: Va jusqu’au bout. Défonce-toi, mets toute ton énergie et toutes tes forces. Ne te laisse plus jamais impressionner par la façade, le paraitre, l’habillement, le beau discours de qui que ce soit. Aie confiance en toi et fonce. Tu seras surpris des résultats.
|
La nouvelle méthode de golf révolutionnaire Golf ANTRAD Visitez le site http://www.golfantrad.com/
Vous voulez recevoir dans votre courriel une blague tous les jours? Cliquez ici!
|
|
|
|
|
|
Recherche dans
Marcel Béliveau
|
|
|
|
|
|
|
 |
|