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| Un Noël pas triste... |
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Vendredi le 23 décembre, 2005 |
Si le Noël de mes 3 ans fut une déception il en fut autrement pour celui de mes 8 ans.
Que s’est-il passé pendant les cinq Noël qui ont suivi.
Pas grand chose, excepté que j’avais maintenant un frère et deux sœurs de plus. Un deuxième frère était en route mais pour février seulement.
Si la famille avait grossi le portefeuille n’avait pas suivi.
On était toujours aussi pauvres peut-être même davantage qu’à mes 3 ans.
La principale raison de cette pauvreté était particulièrement due à la maladie incurable à l’époque dont souffrait mon père, la tuberculose.
Pour ce Noël de 1948, mon père était hospitalisé, ma mère enceinte et mon frère avait été placé chez une de mes tantes. Même chose pour chacune de mes deux sœurs, chez deux autres tantes.
Il ne restait à la maison que ma mère et moi.
La maladie de mon père l’empêchait de gagner de l’argent régulièrement. À cause de son caractère supposément contagieux, elle éloignait la parenté, les amis et les connaissances.
Pourtant moi, qui côtoyais mon père, je n’ai jamais rien attrapé.
Nous habitions à Shawinigan, sur la 3ième rue.
Un loyer de $18.00 dollars par mois. Six locataires dans le bloc.
C’est quelques années plus tard, que mon père avait découvert qu’il était le seul à payer $ 18.00 dollars, tous les autres ne payaient que $ 9.00 dollars. (je présume qu’il s’agissait pour le propriétaire d’une mesure pour le décourager d’habiter dans son bloc, because la maladie)
Près de minuit ma mère est venu me réveiller, probablement pour avoir de la compagnie. Elle avait fait un arbre de Noël dans le coin du salon.
Il était superbe. Elle n’arrivait pas à dormir parce que les voisins, qu’on pouvait entendre comme s’ils avaient été chez nous étaient en plein party. Ça chantait et ça riait de bon cœur.
Mon pauvre ti-gars, m’a dit ma mère, il n’y a pas de cadeaux pour nous cette année. Mais je sais que tu comprends…
Cependant j’ai un petit quelque chose pour toi, tu adores ça.
Sur ce, elle me tendit une barre de chocolat Oh Henry !
Je m’empressai d’arracher le papier et avant de croquer j’eus le réflexe d’en offrir une bouchée à ma mère.
Non merci fut sa réponse.
Et au même moment, chez nos voisins, une voix ajouta :
-Ben, si t’en veut pas, mange de la marde…
La coïncidence des mots nous a beaucoup amusés et nous avons ri de bon cœur.
Aujourd’hui, plus de cinquante ans plus tard, le souvenir de ce Noël particulier est l’un de ceux qui ont marqué singulièrement mon enfance.
Joyeux Noël à tous.
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