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| Un Jour à New York... |
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Mercredi le 23 mars, 2005 |
Au fait, demande Tom, t’as vu des gens ici qui ont connu ton père ?
Oui bien sur, j’ai rencontré le notaire...et...
Desjardins, tout un numéro que ce notaire, c’est lui qui m’a prévenu de ton arrivée et m’a donné l’adresse de ton hôtel, et qui d’autres...
Hier soir j’étais chez Théo Martineau, un couple très charmant...
Et t’as parlé à Ferland ?
Non pas encore, Tom.
Et bien on va l’appeler et lui dire de venir nous rejoindre, simoniac, c’est pas un jour comme les autres aujourd’hui...
Il est un peu tard Tom pour appeler chez des gens qu’on ne connaît pas.
Et bien on va les connaître, la vie est trop courte pour se priver de connaître des gens que peut-être on aurait dû connaître depuis longtemps. De plus, ce Ferland était un grand ami de ton père tout comme moi. C’est curieux ça, Ferland et moi, on ne se connaît pas. Je ne m’étais jamais arrêté à ça.
Tom Niquet demeure pensif en prononçant ces dernières paroles. Machinalement il décroche le téléphone, service des renseignements pour obtenir le numéro de Marcel Ferland avocat.
Il raccroche l’air contrarié.
Simoniac, elle me dit qu’il y a une colonne de M.Ferland dans l’annuaire. Aucun avec la mention avocat. De toute façon, rajoute Tom, je n’ai pas d’adresse à lui fournir. Faut trouver une solution...
Tom marche de long en large dans la chambre.
J’ai horreur d’être coincé comme ça, il doit y avoir un moyen auquel je ne pense pas... Donne-moi une autre gorgée de porto ça m’aide à réfléchir.
Mais j’y pense, rajoute Tom, il existe un bureau d’aide juridique ouvert vingt quatre heures, ils ont sûrement un bottin ou une liste des avocats sur Montréal. Je vais les appeler.
Gévry est amusé par la ferveur et le dynamisne de cet homme. Sa démarche, son parler, ses gestes, même son rire vous fait sentir sa détermination.
Ben voilà, dit Tom, j’ai obtenu le numéro du bureau ou de la firme d’avocats, c’est un nom long comme ça qui finit par associés. J’ai fait le numéro, mais là, c’est une boîte vocale. Vous avez ça en France ! Une boîte vocale... ! C’est la pire invention du siècle. Tu ne parles plus à personne, tu pitonnes...
Si vous connaissez le nom de la personne, faites le un, sinon faites l’étoile pour connaître la liste de l’annuaire, ensuite composez le numéro de la boîte vocale... C’est bien joli tout ça, mais tu dis quoi à une boîte vocale à minuit... simoniac que j’hais ça.
Et qu'est-ce qu’elle dit la boîte vocale, demande Gévry, sur un ton résigné.
Ben j’n’en sais rien, j’ai raccroché, mais attends un peu.
Tom recompose le numéro de la firme d’avocats, il écoute religieusement le message et de sa main libre fait signe à Gévry du bout des doigts.
Gévry prend en note le numéro que je vais te donner, dans la boîte à Ferland, il dit en cas d’urgence signaler le numéro suivant. Mais c’est une urgence. Je vais appeler.
Peut-être que ça peut attendre à demain, dit Gévry un peu mal à l’aise.
Demain...jamais de la vie, le mot urgence le dit, ça veut dire tout de suite...et tout de suite c’est maintenant. Redonne-moi ce numéro.
Ah non, ah non, s’écrit Tom, en raccrochant l’appareil téléphonique violemment. Un numéro d’urgence où tu dois laisser un message, un gars a le temps de crever...c’est vrai qu’il n’est pas médecin, mais avocat, mais qu’importe simoniac !
Quand je te dis que j’ai horreur des boîtes vocales, des répondeurs, des pagets, GPS et toutes ces bébelles qui te gâchent la vie..
Pas trop fatigué Gévry ?
Ce dernier n’a pas le temps de répondre que Tom ajoute :
J’ai une idée, prends-toi une bonne rasade de porto mon Gévry et attends-moi dix minutes pas plus. Je reviens tout de suite.
Gévry tente d’ouvrir la fenêtre de la chambre pour laisser s’échapper un peu de la fumée des cigares.
Peine perdue, ce sont des fenêtres thermiques faisant office de cloison avec l’extérieur.
Il décide donc d’ouvrir à fond le ventilateur de la salle de bain tout en battant l’air ambiant à l’aide d’une serviette. Il jette un coup d’oeil furtif aux chaînes de télévision tout en ayant l’impression que les dix minutes de Tom sont largement écoulées.
Gévry regarde sa montre, il y a au moins trente minutes que Tom a quitté.
Moi qui voulais se coucher tôt, se dit-il, je crois que la nuit va être courte.
Au même moment, Tom fait son entrée arborant un large sourire.
Ferland va être ici avant une heure du matin.
Et comment vous avez fait ? s’informe Gévry.
Élémentaire mon cher Watson, je suis allé à la réception, j’ai demandé s’ils avaient internet.
On a épluché l’annuaire internet, trouvé l’adresse de la firme d’avocats et en cliquant on te donne l’adresse personnelle internet de chacun d’entre eux.
Coup de chance Ferland était encore devant son écran d’ordinateur, je lui ai expliqué le tout par écrit et voilà il sera ici d’un instant à l’autre, à cette heure-ci y a pas beaucoup de circulation.
Alors Gévry d’ici à ce qu’il arrive, parle-moi de toi...de ce qui t’intéresses dans la vie, de tes amours, ta mère, ton travail, tes copains et de ce que tu veux bien me parler.
Gévry raconte à Tom sa vie parisienne. Ce dernier n’a jamais mis les pieds en Europe. Il invoque sa peur de l’avion, qu’il déteste les dépaysements brusques et que le seul voyage qu’il se permet à tous les deux ou trois ans, c’est de se rendre en auto à Atlantic City dans le New Jersey. Ça se fait sans problème dans la même journée, dit-il. De plus, il peut rouler sur l’autoroute d’un bout à l’autre en utilisant le * “cruise” c’est moins fatigant.
* cruise : régulateur automatique de vitesse.
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