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Après l'hôpital, la radio... Après l'Expo...Paris ! |
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Jeudi le 25 novembre, 2004 |
J’ai quitté l’hopital pour retourner à la radio. Le défunt CJMS Radio-Montréal.
J’habitais en pension dans une maison de chambre de la rue St.Hubert.
Première semaine de travail je me rends à la Caisse sur la rue Roy pour déposer mon chèque, j’ai pas eu le temps d’ouvrir la porte, elle s’est ouverte toute seule, quatre bandits armés et masqués qui sortent en courant.
Ils s’engouffrent dans une grosse Cadillac blanche et décampent sur les caps de roue. J’ai juste le temps de prendre le numéro de plaque. J’entre dans la banque, tout le monde est encore couché par terre, y a même un monsieur qui a fait pipi par terre, et debout sur le comptoir y a une bonne femme qui danse et qui crie...à tue-tête.
Je saute par dessus le comptoir, décroche le téléphone et j’appelle à la station et je donne en direct sur les ondes la description de la voiture des voleurs. On les arrête aussitôt quelques rues plus loin. Mon patron jubile , me félicite et me demande de me rendre à la station subito presto. Encore tout énervé je repars en courant, traverse la rue et fais signe au chauffeur d’autobus de me laisser monter. Sans s’arrêter il m’ouvre la portière et je saute dans l’autobus. Je suis planté debout à côté du chauffeur à chercher de la monnaie dans le fond de ma poche, je suis énervé, ça pas de bon sens. Sans m’avertir, le chauffeur tourne brusquement à droite sur la rue Sherbrooke. En tournant je perds l’équilibre, je fais deux tours sur moi-même et je tombe assis à califourchon , bien d’aplomp, sur le bras de métal de la banquette. Le choc a été trop fort, je suis tombé à genoux dans l’allée complètement étouffé. Le chauffeur s’est arrêté a appelé une ambulance et je me suis retrouvé à l’hopital.
5ième étage, les entubés, les constipés et les noisettes écrasées...
1967 a été une année extraordinaire, l’année de l’Exposition Universelle de Montréal. 50 millions de visiteurs en six mois....Ça venait de partout à travers le monde. Des pavillons représentant presque tous les pays. C’était quelque chose de vraiment magique. Ça vous donnait le goût de voyager, de connaitre autre chose.
Aussitôt l’Expo terminé, je fais ni un ni deux, je fais mes valises et je pars pour la France. La France pays de Beaudelaire, Balzac, La Fontaine. Pays de Raimu, Fernandel, Maurice Chevalier. Les grandes vedettes de l’époque sont Brassens, Gilbert Bécaud, Yves Montant.
Attention, j’arrive...
A ma première journée , j’entre dans un café.
-Excusez-moi monsieur, je voudrais savoir...
-Pourquoi vous vous excusez.
-Je m’excuse de vous déranger, je voudrais savoir...
-Vous ne me dérangez pas du tout , je suis payé pour être là.
- Bon d’accord, je voudrais savoir...
-Eh bien dites-le ce que vous voulez savoir.
- Je voudrais savoir où sont les toilettes.
-Les...
-Les toilettes...
-Les quoi...
Les toilettes -Ah, monsieur veut dire les WC.
-Les quoi...
-Les WC, les vater-closets, c’est au fond à votre gauche.
Je trottine jusqu’au fond, ça devient pressant.
J’ouvre la porte, et je la referme aussitôt. J’ouvre à nouveau et je la referme.
Ai-je bien vu, y pas de bol de toilette. Pour la première fois de toute ma vie je vois une toilette sans bol de toilette. C’est une toilette turque, un trou, deux pédales, deux poignées.
Si jamais t’oublie de barrer la porte et que quelqu’un ouvre la porte, t’as l’air de quelqu’un qui fait de la moto les fesses à l’air.
Bon allons-y quand même...
Je referme la porte derrière moi..., noirceur totale.... bon où est le bouton de la lumière, il doit bien y avoir un bouton... à l’aide de mes deux mains j’arpente les murs, à gauche , à droite, en haut, en bas, partout.
Tout à coup le pied me glisse dans le trou, alors pour me protéger et ne pas tomber je m’agrippe sans le savoir après la chaine de la chasse d’eau...
J’entends un bruit sourd, une espèce de vombrissement... comme si on ouvrait la porte d’une écluse... en moins de deux secondes j’ai de l’eau jusqu’aux chevilles. Je sors de là en faisant des traces partout et le garçon de café qui me regarde passer, pose sa main sur la hanche et me dit :
- Avoir su que vous alliez aux douches, je serais allé avec vous...
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