RÉSEAU PLANÈTE QUÉBEC : Planète Québec - Ma Planète - Planète Généalogie - Planète Cuisine - Planète Fleuriste


Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
Un jour à New-York... (chapitre 2)
 

Mercredi le 26 janvier, 2005


Lorsque je te regarde maintenant, ça me fait tout drôle, tu es mon fils et c’est ton père que je vois. . Il y a déjà très longtemps de tout ça, mais à en parler avec toi, j’ai l’impression que c’était hier...
Pourquoi tu n’as pas eu d’autres nouvelles de lui, quelqu’un là-bas devait le connaître, ses parents, son employeur ou je ne sais pas, il t’a laissé une adresse, un numéro de téléphone...

Je sais que ça peut te sembler quelque peu bizarre, mais lorsqu’il est parti, il était aussi triste que moi et m’avait fait la promesse de m’écrire chaque semaine. J’ai appris avec le temps et l’expérience que la vie trace une ligne à ta naissance qu’on appelle destin. Cette ligne est tracée entre le point N et le point M. N pour naissance et M pour mort. Si on savait à l’avance la moindre parcelle de ce qu’elle nous réserve, on se refuserait peut-être à la vivre... Je te dis ça pour que tu comprennes mieux la suite qui va te sembler impossible.

Voilà, ton père habitait un charmant petit trois pièces à Neuilly sur la rue Pierret, tout près du Bois de Boulogne. C’est un copain à lui français avec qui il avait sympathisé dès le début qui lui avait déniché l’apart. Il s’appelait Jérôme Bayle. Tout ce que ton père disait ou faisait Jérôme acquiesçait. Il était en adoration devant ton père. Il le trouvait intelligent, débrouillard, fouineur, sans peur, drôle et amusant et aimait son comportement désinvolte face à tout. Jérôme appelait ton père l’amerloque parce qu’il venait d’Amérique.

Ton père lui disait : Jérôme je ne suis pas américain, je suis québécois à cent cinquante pour cent. Je suis un québécois pure laine. Ça faisait rire Jérôme.
Ton père ajoutait : mieux vaut être québécois, c’est un avantage à plusieurs points de vue. Vois-tu, disait-il à Jérôme, nous les québécois, sommes de descendance française ce qui nous a permis de s’exprimer dans cette langue merveilleuse qui nous est chère, le français. Deuxièmement, abandonnés par la France, nous avons été colonisés par les anglais, toute chose ayant son bon côté, nous avons dû apprendre une deuxième langue pour les comprendre et faire valoir nos droits. Nous avons appris d’eux leur flegme et leur sang froid sans négliger leur humour. Troisièmement étant les voisins immédiats des américains nous avons appris à vivre comme eux et à avoir cet esprit bon enfant. C’est ce qui fait que nous sommes un peuple unique.
Il ne sert jamais à rien de rechigner, se plaisait-il à dire, il faut faire avec ce qui se présente et non avec ce qu’on aimerait qu’il soit.
Jérôme habitait avec une amie depuis quatre ans, elle se prénommait Dany, mais depuis le temps j’ai oublié son nom de famille. Le père de Dany, lui avait acheté un apart rue de Babylone dans le septième. Jérôme habitait chez elle. Je l’ai connue un soir qu’ils étaient venus à Neuilly. J e l’ai revue qu’une seule autre fois par la suite.

Ce soir-là, ton père amena la conversation sur la mentalité française vue par un étranger. Passionné par son métier, il avait un grand sens de l’observation, ce qui était loin de le desservir. La liste qu’il dressa sur la mentalité, le comportement et les manières des français serait trop longue à énumérer. La discussion fut fort animée toute la soirée qui fut d’ailleurs très agréable.
Il était presque deux heures du matin lorsqu’ils nous quittèrent. Et là se produisit un petit événement sans gravité qui allait changer le cours des choses et de ma vie. Mais là Gévry je m’arrête, je crois que je t’ennuie avec mes histoires qui sont loin derrière.

Mais maman, tu plaisantes, je me demande pourquoi nous n’avons pas eu cette conversation plus tôt. Je t’en prie, continue, surtout que tu me parles d’un évènement qui allait changer le cours de ta vie, je trouve ton récit passionnant.
Mais attends la suite, tu ne vas pas croire.... Debout dans le vestibule, j’ai fait la bise à Jérôme pendant que ton père, galant et courtois, tenait le manteau de Dany. Cette dernière m’a dit bonsoir et en serrant la main de ton père, elle lui a glissé subtilement un billet dans le creux de la main. Une fois qu’ils eurent quitté, nous avons pris connaissance du billet : « appelez- moi demain d’urgence, un numéro de téléphone pour la joindre à son travail et c’était signé Dany. »

Pierre m’a regardé, oui je sais depuis le début je dis toujours ton père ceci, ton père cela, mais il s’appelait Pierre.
Alors Pierre m’a regardé perplexe.
Qu’est-ce que tu en penses Mimi.
Avant que j’aie eu le temps d’ouvrir la bouche, il ajouta :
Je crois que Jérôme a des problèmes dont elle veut me faire part ou bien elle prépare quelque chose pour son anniversaire le onze, c’est dans moins d’une semaine...

Et si c’était pour une tout autre raison, lui ai-je dit.
Pour quelle autre raison veux-tu que ce soit Mimi, c’est la première fois que je rencontre cette femme, assez jolie d’ailleurs, ajouta-t-il, pour observer ma réaction du coin de l’œil, c’est la copine de Jérôme et ils habitent ensemble depuis quatre ans, alors...
Je me fie simplement à mon intuition féminine, ai-je répondu, tu lui as fait un effet bœuf. Elle buvait tout ce que tu disais, elle souriait béatement chaque fois que tu la regardais et elle riait de toutes tes blagues même celle avec cette expression québécoise où je t’ai demandé la signification. J érôme et moi n’avions rien compris alors que madame aurait pigé comme ça... Si c’est le cas, elle est trop intelligente pour moi, j’essaierai de mieux la connaître pour qu’elle me fasse partager son savoir...

Alors Mimi, tu crois que j’aurais des chances avec elle, si c’est vrai, je vais avoir de la difficulté à trouver le sommeil ce soir, me répond-il d’un air moqueur.
Pierre était un pince-sans-rire à toute épreuve.
Monsieur Gévry, acceptez-vous pour épouses, Mimi et Dany.
Oui, je le veux.
Jurez-vous...
Je ne peux jurer de rien, monsieur le curé, peut-être y a-t-il une Fanny, Julie ou Sylvie qui m’attendent à la sortie pour partager ma vie. Ta...la...lala...
Tout en marchant dans la pièce, il me faisait la caricature d’une cérémonie de mariage loufoque.
La nouvelle méthode de golf révolutionnaire Golf ANTRAD Visitez le site http://www.golfantrad.com/

Vous voulez recevoir dans votre courriel une blague tous les jours? Cliquez ici!

 
Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
 
Recherche dans
Marcel Béliveau
Visitez les Articles du site Berclo. Rubriques : A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

 

recettes
Recette :
Vin :
 
 
 
 
Toutes nos chroniques

Retour à Planète Québec

C O U R R I E R - É L E C T R O N I Q U E
[ Rédacteur en chef | Chef de pupitre ]


Politique de confidentialité

Copyright © 2006 - Planète Québec inc. Tous droits réservés.

Répertoire de bon liens