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| À l'Urgence la nuit, on n'a pas idée... |
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Lundi le 27 septembre, 2004 |
Jeudi de la semaine dernière, je me présente à l'urgence de l'hôpital Notre-Dame. Il est aux alentours de 18H00.
Au moins trois employés m'ont demandé, chemin faisant, si j'avais besoin d'aide ou d'informations pour trouver mon chemin jusqu'à l'urgence.
- Comment ça fonctionne, dis-je à l'agent de sécurité.
- Selon, l'ordre d'arrivée, là vous êtes le deuxième.
J'étais très étonné d'être le deuxième, alors qu'on entend dire qu'il faut attendre des heures.
J'eus à peine le temps de m'asseoir, qu'une infirmière m'informe que c'est à moi. Je suis au triage!
Le triage? Une infirmière prend un premier contact avec les patients pour déterminer le degré d'urgence.
Thermomètre et appareil à vérifier la pression.
Une infirmière gentille et à l'écoute.
Vous êtes le dernier, me dit-elle.
- Mais non, y en a plein d'autres après moi.
- Le dernier pour moi, je termine mon quart de travail.
- Mettez la jaquette de l'hôpital et couchez-vous sur la civière, un médecin va vous voir dans peu de temps.
La docteure, une jeune femme fort sympathique. Doc. Fortin.
Elle prend le temps de m'écouter, pose des questions.
Prises de sang, rayons X et tout le reste.
- Je crois qu'on va vous garder au moins pour la nuit me dit la docteure Fortin, demain très tôt, un cardiologue va venir vous voir.
Ma crainte est de saprer le camp en bas du lit. C'est haut, mais pas large. Heureusement, il y a une barrière pivotante de chaque côté. Pour ne prendre aucune chance, je lève les barrières. Oups! Je réalise que si jamais je dois me lever au milieu de la nuit, comment faire pour abaisser les barrières.
J'ai dans le bras droit une aiguille pour le soluté, qui coule au compte-gouttes et des suces plein l'estomac pour relier les battements du cœur à un moniteur.
Vers 22 heures on ferme les lumières de plafond.
Je ne peux voir personne à cause du rideau qu'on a tiré.
Mais je peux entendre le va-et-vient et les récriminations de tout le monde.
La voix d'une femme à l'autre bout de la salle.
- Écoute-moé ben, ma tabarnak, si tu me détaches pas, je pisse au lit!
- Garde! dit une voix d'homme, dans quelle langue faut que je le demande. Ça dix fois que je te dis, que l'oreiller est trop petit, j'en veux un autre de plus.
- Monsieur, dit l'infirmière, nous n'en avons pas d'autres de disponibles, y a trop de monde à l'urgence.
- Baptême, t'es pas débrouillarde, t'as juste à n'enlever une à quelqu'un qui dort.
Au centre de la salle, y a une vieille qui se plaint sans arrêt.
Ayoye, ayoye, ayoye, ayoye, ayoye et encore des ayoyes.
- Farme ta câlisse de gueule, dit celle qui menace de pisser au lit, si je me lève, j'vas t'en câlisser une, tu vas crier ayoye pour le vrai.
Aussitôt la vieille s'est tu. Il y a eu quelques secondes de silence et la vieille d'ajouter :
- Tu peux pas te lever, t'es attachée.
Heureusement, que j'avais mis les barrières, je serais tombé en bas de mon grabat, en écoutant ça.
Une autre voix d'homme du fond de la salle.
- Calvert, me v'la pogné icitte, je partais pour la chasse, l'année passée, j'en ai tué douze. Tu me croiras pas stie, j'en ai perdu plus que la moitié, je pouvais pas toutes les mettre sur le «top» de mon Volks. Quand j'sus retourné à mon deuxième voyage y en avait pu un, stie.
On a beau décrier le système de santé, moi je n'ai vu que des gens aimables, gentils, dévoués, doués d'une grande patience.
Dans l'après-midi, le cardiologue Dr Guimont est passé me voir et m'a dit :
- Béliveau, lève-toi et marche. Rentre chez toi. |
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