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| Nunuche! Ouais, nunuche ! |
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Mardi le 29 mars, 2005 |
Après le succès foudroyant de Surprise sur Prise au Québec, la France nous réclamait, nous attendait les bras ouverts, la sacoche pleine...
C’est ce que plusieurs croient par fierté probablement.
Mais ce n’était pas le cas, ce ne fut pas aussi facile.
Gilbert Rozon avait fait du bon travail en approchant Canal + et TF 1 pour amorcer des discussions sur la production de l’émission en France. Étant donné les coûts élevés de production, il n’y avait pas de bousculade aux portes. Rozon tentait de convaincre les deux chaînes de partager les coûts de production. Canal + diffuserait d’abord l’émission à leur antenne avec une fenêtre de trois mois avant la diffusion à TF 1.
Canal + qui en était à ses débuts était un canal crypté, c’est à dire, qu’il fallait être abonné et avoir le décodeur pour regarder leurs émissions.
TF 1 de son côté était la plus importante chaîne de télévision privée, non seulement en France, mais dans toute l’Europe.
Le seul problème, personne n’avait vu une seule image de Surprise sur Prise en France.
Rozon, de peine et de misère, avait réussi à obtenir un rendez-vous avec la directrice des programmes de variétés, mais la directrice des programmes des émissions présentées en deuxième partie de soirée. Il n’avait pu obtenir la directrice des «prime times». Mais que cela ne tienne, nous avions un pied dans la boîte.
On appelle deuxième partie de soirée les émissions diffusées après vingt-deux heures trente.
Pierre Robert mon associé, et moi, étions au rendez-vous.
Aujourd’hui je réalise que nous étions téméraires ou innocents ou les deux.
J’opterais pour la dernière définition.
Madame la Directrice des émissions de deuxième partie de soirée, est accompagnée de son assistante.
Pierre Robert et moi, nous nous étions cassé la tête pour leur apporter un petit cadeau en provenance du Canada. On voulait leur montrer qu’on savait vivre et que lorsque que l’on est invité à quelque part, on n’arrive pas les mains vides. Nous avions opté, pour leur donner à chacune, un appui livre de bureau. Deux boules identiques de couleur différentes en verre.
Nous aurions dû rien apporter.
Madame la Directrice a déballé sa boule en parlant au téléphone et l’a machinalement fait disparaître dans un tiroir de son bureau. Son assistante après avoir vu la boule de sa patronne n’a même pas déballé la sienne. Nous n’avons pas insisté sur l’originalité de nos fameuses boules.
Nous sommes passés au visionnement de cassettes produites au Québec, avec des artistes québécois. Rozon était également présent avec un autre monsieur que je croyais être un directeur de TF 1.
Après le visionnement de trois gags, on est loin du succès instantané. On avait obtenu que quelques sourires ici et là.
-Madame la Directrice me dit : Comment s’appelle votre émission au Québec ?
-Surprise sur Prise, madame, lui dis-je.
-Surprise Surprise ! reprend-elle. Je trouve ça nunuche…
Je me suis senti bouillir un peu, déjà que l’atmosphère n’était pas à la détente.
-Et comment vous appelleriez l’émission si vous trouvez le titre aussi nunuche!
- Ah bien, je ne sais pas, mais ça prend un titre qui a du punch ! À pied levé je ne pourrais dire, mais prenez comme exemple «Wizz qui peut.»
Moi je trouve votre «Wizz qui peut», encore plus nunuche et sans aucun rapport. |
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