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| Un jour à New-York... |
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Dimanche le 30 janvier, 2005 |
Le lendemain Pierre téléphona à Dany. Elle lui donna rendez-vous chez elle pour dix-neuf heures. Elle prit soin de lui souligner que Jérôme serait absent au moins jusqu’à minuit, retenu par du travail au bureau.
Puisque je n’étais pas présente je te raconte la scène suivante, selon les dires de ton père.
Bonsoir Dany, excusez ce petit retard, mais je ne connais pas beaucoup le quartier et j’ai eu un peu de mal à trouver un endroit pour me garer.
Je vous en prie Pierre, vous n’avez pas à vous excuser, vous êtes pardonné à l’avance. Je vous offre un verre de champagne...
Non merci, je ne sais trop pourquoi mais le champagne me donne mal à la tête.
Alors je retire mon invitation, je ne vous veux aucun mal, bien au contraire.
Écoutez Dany, j’imagine qu’il y a quelque chose de grave ou de très important concernant Jérôme.
Je dirais les deux, Pierre, grave et important.
Alors racontez-moi, si je peux être utile...
Tout dépend de vous Pierre.
Vous m’intriguez, que dois-je faire qui pourrait...
Vous n’avez qu’à dire oui. Vous dites oui, vous arrivez avec vos valises et Jérôme s’en va. C’est vous que je veux.
Mais...mais... Dany, j’avoue que je suis très flatté de votre proposition mais que dirait Jérôme, c’est mon ami.
Vous croyez ! Jérôme n’est pas l’ami que vous croyez qu’il est. Jérôme est un faucheton, un profiteur, un minable sans avenir. Il ferait les pires bassesses pour de l’argent. Je sais qu’il vous a déjà emprunté de l’argent par deux fois et qu’il ne vous a pas encore remboursé un traître sous. Pourquoi croyez-vous qu’il a remué ciel et terre pour vous trouver un appart. C’était uniquement pour profiter de vos largesses, il croit que vous êtes riche. Pourquoi habite-t-il chez moi, parce que c’est moi qui le fait vivre le Jérôme. Il est endetté pour les vingt prochaines années. De plus c’est un garçon sans caractère, mou, malhabile, peu fiable et j’en passe.
Moi j’ai toujours vu Jérôme comme un garçon très avenant, toujours de bonne humeur, poli, courtois, gentil avec tout le monde, toujours prêt à aider tous et chacun. C’est un garçon attachant.
Ça, c’est la façade, je sais qu’il a beaucoup de succès auprès des femmes, mais elles ne vivent pas avec lui. Moi aussi au début j’ai cru que j’allais vivre un conte de fée, mais avec un homme, celui que je croyais qu’il était. Quelle déception, j’en ai marre. Quatre ans déjà, quatre ans que ça dure, quatre années de trop. Alors que vous...je sais que c’est différent, le Jérôme il ne parle que de vous, Pierre par-ci, Pierre par-là, il voudrait être comme vous. Pourquoi devrais-je me contenter de la copie, je veux l’original.
Vous me voyez très mal à l’aise Dany, de poursuivre Pierre, je n’ai pas l’habitude, c’est la première fois qu’une femme me fait une proposition semblable aussi directement et rapidement. Sans vouloir vous froisser, vous comprendrez Dany, qu’il est difficile à un homme de prendre une décision aussi importante à une heure d’avis. Et vous oubliez Mimi.
Qui est Mimi. ?
C’est la jeune femme qui était chez moi hier soir.
C’est un choix à faire, c’est tout, elle trouvera sûrement quelqu’un d’autres à plumer, ce ne sont pas les pigeons qui manquent à Paris. Elle habite chez toi, alors que moi je t’offre de vivre chez moi et non le contraire.
Voyez-vous Dany...
Tu peux me tutoyer Pierre, on ne va tout de même pas faire la chose en se vouvoyant, ce serait ridicule n’est-ce pas.
Bon d’accord, faire la chose ! Mais pas là maintenant, d’abord je dois vous avouer, pardon, t’avouer que je suis bouleversé quelque peu, deuxièmement, je croyais qu’il s’agissait d’un problème concernant Jérôme et que le tout pouvait se discuter en moins d’une heure. Je ne pouvais vraiment pas prévoir et j’ai pris un second rendez-vous à vingt heures trente au Rond Point des Champs-Élysées. Je te rappelle demain.
Ton père est revenu à Neuilly un peu avant minuit. J’étais déjà au lit. Je faisais semblant de dormir profondément. Je ne voulais pas qu’il croit que j’étais inquiète de son absence prolongée, puisqu’il m’avait prévenu au téléphone dans la journée de son fameux rendez-vous chez Dany. Il est entré doucement sur la pointe des pieds, s’est déshabillé en douce et s’est glissé dans le lit près de moi.
Il y avait à peine vingt minutes qu’il était couché, lorsqu’on sonna à la porte. Je crois et je dis bien je crois, que ton père a fait semblant de ne pas avoir entendu. En moins de deux j’étais debout, je me précipite à la porte. C’était Jérôme.
Il était tout blême et semblait bouleversé.
Sans me saluer et sans me faire aucune excuse de sonner à une heure aussi tardive, il m’a dit toujours sans me regarder :
Pierre est là, il faut que je lui parle immédiatement c’est très important.
Pierre est déjà au lit, je vais le réveiller, lui dis-je.
En me retournant, j’aperçu Pierre, pieds nus qui achevait d’enfiler son pantalon.
Ah, Jérôme, qu’est-ce qui t’arrive, viens t’asseoir.
Ton père a dit cette phrase le plus calmement du monde comme s’il était normal de recevoir des gens à minuit.
Pierre il faut que l’on cause sérieusement, dit Jérôme, en se tirant une chaise près de la table .
J’étais très intriguée de savoir ce qu’il avait à raconter mais je me dirigeai quand même vers la chambre à coucher.
Tu peux rester Mimi, ça pourrait aussi t’intéresser, me dit Jérôme.
Je jetai un regard à Pierre qui me fit signe des yeux de prendre place à la table.
Tu étais couché, dit-il à Pierre sur un ton interrogateur, et depuis quand tu es là.
Bof, je ne sais pas trop, trois quarts d’heure, une heure, Mimi aurait pu te le dire plus précisément que moi mais elle dormait lorsque je suis rentré.
Alors, répondit sèchement Jérôme, si tu es là depuis une heure, comment expliques-tu, que le capot de ta voiture est encore tout chaud.
Élémentaire Watson, le capot est tellement bien isolé, qu’il met plus de temps à se refroidir, lui répliqua Pierre.
Je n’ai pas le coeur à rigoler, je voudrais savoir ou entendre de ta propre voix, devant moi et Mimi, que tu nous dises, où tu as passé... la soirée.
Pierre regarda Jérôme droit dans les yeux, se leva de table pour attraper son paquet de cigarettes sur le comptoir. Il retourna sa chaise dans l’autre sens, dossier face à lui, regarda à nouveau Jérôme. Il tapota sa cigarette sur le rebord de la table pour bien en tasser le tabac.
J’avais l’impression que ton père prenait un malin plaisir à le faire languir, il me paraissait connaître ou deviner les questions de Jérôme.
Si c’est important pour toi de savoir où j’ai passé la soirée, je vais te le dire.
Il prit d’abord le temps de porter sa cigarette à ses lèvres, de tirer longuement et tout en expirant la fumée, il laissa tomber :
Au cinéma.
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