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| Vivre à en mourir (suite 5) |
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Vendredi le 30 janvier, 2009 |
J’avalai une à une chacune des dix pilules brunes devant le docteur qui les avait en main. Installé sur la table d’examens, j’attendis son retour.
Ah, fait-il d’entrée, ça doit y aller par là, en se penchant pour écouter les b
attements du cœur.
Désolé, lui dis-je, non seulement je n’ai pas couru le marathon, je n’ai même pas fait un pas en avant, mon cœur semble battre normalement.
Je voyais qu’il avait l’air embêté…
Nous allons attendre encore une quinzaine de minutes, il arrive que l’effet retarde quelque peu…
Il revint un bon trente minutes plus tard, accompagné d’un autre médecin.
Bon, cette fois devrait être la bonne, dit-il en jetant un œil à l’infirmière présente.
- C’est incroyable ça, en trente ans de pratique, c’est la première fois qu’une telle chose m’arrive, aucun effet. Vous avez bien pris les pilules au moins.
- Docteur, je les ai pris devant vous, vous les teniez dans le creux de la main.
- Ouais, vous avez raison, garde, dit-il en s’adressant à l’infirmière, vérifiez donc la date sur la bouteille, peut-être qu’elles étaient périmées.
- La date est bonne de dire l’infirmière, elles sont encore bonnes pour deux ans.
- Savez-vous ce qu’on vous a donné, me demanda-t-il.
- Aucune idée, j’ai avalé simplement les pilules.
- Du poison, on vous a donné du poison, mon ami.
- On ne donne pas du poison à un ami, lui dis-je, pour faire mon drôle.
- Écoutez, je n’y comprends rien, mais on ne va pas prendre de chances, je vais vous administrer un antidote qui va annuler l’effet du poison.
- Est-ce nécessaire, votre poison n’a pas eu d’effets.
Par précaution, dit-il, de plus en plus ennuyé de la situation.
- Garde, en s’adressant à l’infirmière, vous allez lui donner par intraveineuse, x millilitres d’un certain antidote (dont j’ai oublié le nom)
- Il est important de respecter la dose exacte.
L’infirmière s’est empressée d’exécuter ses ordres.
Nous en avons pour une bonne heure, me dit-elle, avant que le contenu soit vide.
Une heure ici ou une heure ailleurs ne change rien pour moi, lui dis-je.
Une bonne vingtaine de minutes s’étaient écoulées lorsque j’eus l’impression, qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond.
Dites-moi, garde, j’ai l’impression que tout à coup, ma jaquette d’hôpital est de plus en plus mouillée.
Elle passa aussitôt sa main sous le drap.
Ah, mon Dieu, dit-elle, le liquide a coulé à côté. Il m’est impossible de savoir la quantité que vous avez reçu et la quantité qui a coulé à côté.
Pas grave lui dis-je, je crois que je vais rentrer à la maison, il y a deux ou trois jours, j’ai failli perdre la main et aujourd’hui on tente de m’empoisonner.
Ne bougez pas, dit-elle, je vais chercher le médecin.
Je ne saurai jamais s’il est venu car j’étais déjà parti.
Au fait, je n’ai jamais connu l’effet des petites pilules brunes…
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