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Lundi le 03 décembre, 2007 |
Il y a quelques jours déjà Gilles Chartrand écrivait dans sa chronique son dégoût pour les itinérants.
(extrait de sa chronique)
En fait, c'est une erreur, je m'en excuse ; je devrais plutôt dire : je déteste l'itinérance et elle me dérange. Je déteste voir ces personnes sales, vêtues de guenilles, m'accoster pour avoir un peu d'argent. Elles me dérangent et, parfois, elles me font peur.
Ceux qui sont itinérants par choix et qui pourraient fonctionner normalement en société : ceux-là devraient être remis sur les rails, à coups de pieds au cul s'il le faut ;
Ceux qui sont inaptes à s'occuper convenablement d'eux : alors, ils ne devraient pas être dans la rue mais dans des institutions adaptées à leur état avec des personnes compétentes pour s'occuper d'eux.
Gilles Chartrand a bien raison, il y a deux sortes d’itinérants.
Les itinérants volontaires, ceux qui sont en pleine forme physique et qui détroussent les automobilistes à chaque coin de rue et les autres qui sont incapables de s’organiser seuls.
Il n’y a aucune raison qu’une société comme la nôtre se permette d’avoir des itinérants.
Tout le monde a droit à l’aide sociale sauf que l’itinérant qui est inapte à s’occuper de lui, ne voit pas l’importance, au moment où il touche son chèque, de payer d’abord pour le mois qui vient, une chambre lui permettant de coucher à l’intérieur.
J’ai eu un frère itinérant (aujourd’hui décédé) Itinérant parce qu’il était schizophrène. De l’âge de 18 ans jusqu’à sa mort 53 ans, il a connu une vie d’enfer, sans comprendre ce qui lui arrivait. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour l’aider, mais il aurait fallu 48 heures pour comprendre toutes les gaffes qu’il pouvait faire en 24 heures.
Il lui arrivait régulièrement d’entrer dans un restaurant tard le soir et d’offrir aux gens présents de payer leurs factures.
Il n’avait même pas les moyens de payer la sienne.
Et le restaurateur de me téléphoner à une heure du matin pour m’informer que j’avais une facture de 423$ à payer.
Sinon, il appelait la police, et faisait arrêter mon frère.
Tous les itinérants qui sont dans son cas ne s’en sortiront jamais, si on ne leurs vient pas en aide.
Pour ce qui est de l’autre catégorie, les bien-portants, c’est une autre histoire. Si vous empruntez la rue qui longe le boulevard René-Levesque en allant vers l’ouest en sortant du pont Jacques-Cartier, il vous faut traîner votre tire-lire.
À chaque coin de rue, y en a un qui revendique le coin comme étant son territoire. Il y a des exceptions, mais si tu ne donnes rien, tu peux continuer sans remords, sauf celui d’affronter le regard de cet itinérant, qui semble te dire :
Pourri va, ton cul bien au chaud et moi qui se les gèle.
Certains sont plus astucieux que d'autres. Y en a un, qui se place au centre de la rue et lorsque tu es à l'arrêt, il fait un mouvement brusque de la tête pour faire virevolter sa casquette qu'il rattrape du bout de son pied et la retourne du même geste bien en place sur sa tête.
Ça lui vaut beaucoup de 30 sous.
Dans une prochaine chronique, je vous raconterai quelques unes des pires péripéties de mon frère dans sa vie de tous les jours.
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