RÉSEAU PLANÈTE QUÉBEC : Planète Québec - Ma Planète - Planète Généalogie - Planète Cuisine - Planète Fleuriste


Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
Un jour à new-York (suite de dimanche dernier)
 

Vendredi le 03 juin, 2005


C’est tellement extraordinaire qu’on ne sait plus quoi dire ni par où commencer. C’est une excitation qui souvent nous fait dire des bêtises ou des choses complètement inutiles ou sans à propos. Ça me rappelle lorsque j’avais quinze ans, j’avais raccompagné après la classe, une jeune fille qui me plaisait beaucoup, jusque chez elle. Elle m’a invité à entrer pour me présenter à ses parents. J’étais tellement intimidé et nerveux, que lorsque son père m’a tendu la main, j’ai balbutié…bonsoir…madame en me demandant qu’est-ce qu’ils avaient tous à rire.

Et puis si je vous raconte ça, c’est que j’essaie de gagner du temps, de retrouver un peu d’aplomb, bref j’essaie de retomber sur mes pieds après ce bond prodigieux dans le temps.
C’est un grand moment, un moment magique.
Me Ferland toussote un peu pour se donner de l’assurance et prendre son élan.
Renaud, je crois que ton fils a sûrement beaucoup de questions à te poser et qu’il serait préférable que je vous laisse en tête-à-tête.

Mais non, dit aussitôt Gévry, je vous en prie, Me Ferland vous restez avec nous, on a peut-être les mêmes questions qui nous intriguent.
Justement Gévry, au moment où tu es entré, Marcel me rappelait un épisode de notre vie que ni lui ni moi n’avons oublié. À l’époque tous les mercredis soirs, nous avions une joute de hockey sur glace, dans une ligue amateur bien entendu, bien entendu Notre équipe s’était rendue en finale et celle-ci avait lieu à l’Assomption un petit village à environ une trentaine de kilomètres de Montréal. C’était au mois de mars. On avait perdu cette finale de façon magistrale, battu à plate couture par un score de onze à deux ou onze à un.

Onze à un, d’enchaîner Marcel Ferland, on nous avait refusé le deuxième but, je ne me souviens pas pourquoi. Mais même si on nous l’avait accordé on était loin du compte. Nous n’avions pas le moral personne, on avait le taquet plutôt bas.
Et, de reprendre Renaud, Marcel a oublié de dire qu’il était originaire de la région. Dans la chambre des joueurs, chacun de nous buvait sa bière sans conviction ni enthousiasme et Marcel s’est levé avec ses patins dans les pieds et a grimpé sur un des bancs : Hey, les gars, on a perdu une partie, pas la vie. Je connais une brasserie pas loin d’ici, où il y a de la musique et surtout les plus belles filles de la région. L’offre n’a intéressé qu’une moitié d’entre nous. Mais Marcel avait raison, nous sommes arrivés là un peu penaud, mais il y avait vraiment de l’atmosphère. La salle était pleine à craquer et pour notre plus grand bonheur il y avait au moins quatre femmes pour un homme. Pourquoi y avait-il autant de femmes, c’est qu’il y avait un chanteur français de passage qui était fort connu à l’époque.

Comment s’appelait ce chanteur Marcel ?
Richard La Rivière, de répondre Marcel.
La Rivière, dis-tu, je ne me souviens plus, du moins ça ne me dit rien.
Mais non Renaud, il s’appelait Dick Rivers, c’est moi qui en ai fait la traduction québécoise.
Mais oui Dick Rivers. Je me rappelle très bien maintenant pour la simple raison que si on voulait danser avec les filles, fallait attendre la fin de son spectacle qui était sur le point de débuter. Rien à dire, son spectacle était très bien, bien rôdé, les filles hurlaient à chaque fois qu’il entamait une nouvelle chanson. Il y avait une ambiance d’enfer. Si bien que personne d’entre nous n’a vu le temps passé et encore moins s’être rendu compte que notre couvre feu était passé et que l’autobus nolisé qui nous avait amenés à l’Assomption allait repartir sans nous.
Pourtant le chauffeur nous avait tous prévenus.

Retour onze heures quarante-cinq, si toutefois il manque quelques passagers, j’attendrai quinze minutes de plus. Minuit départ assuré. Les absents devront rentrer par leurs propres moyens.
Et justement nous en n’avions pas les moyens.
En se cotisant tous, nous avions presque suffisamment d’argent pour payer un taxi jusqu’à Montréal.
Mais le chauffeur de taxi refusa la course parce que nous étions trop nombreux. Effectivement c’est à ce moment que nous avons constaté que nous étions neuf. On a eu beau le supplier, rien à faire, c’était illégal disait-il, autant de personnes dans une même voiture et qu’il risquait en plus de se faire retirer son permis.
Un d’entre nous a eu la bonne idée d’appeler le seul hôtel du coin. Mais encore là, neuf dans une seule chambre, on a essuyé un refus.

Alors on s’est résigné, il nous fallait rentrer en faisant de l’auto-stop.
Mais là, le problème était encore pire. Il était déjà une heure du matin, fallait se rendre à pied jusqu’à l’autoroute qui était à deux kilomètres de l’endroit où nous étions. Quel fou allait accepter de faire monter neuf joyeux lurons dans un même véhicule.
On tentait de s’encourager l’un disant, oui mais peut-être que quelqu’un avec une camionnette va s’arrêter, en faire monter deux à l’avant et sept dans la boîte arrière au grand vent. Peut-être qu’un autobus va s’arrêter ou encore un routier qui va nous prendre en pitié. Nous avons mis trois quart d’heure pour se rendre à l’autoroute.

Manque de chance, c’était une nuit sans lune, nous étions sur le côté de la route depuis au moins une bonne dizaine de minutes et pas une seule voiture n’était passée devant nous. Nous étions dans une grande noirceur et comme au mois de mars les nuits sont encore très fraîches certains se plaignaient d’avoir les pieds gelés.
Soudain au loin des phares sont apparus. Tout le monde s’est animé. On s’est tous serré les uns sur les autres, le bras droit tendu, le pouce en l’air. La voiture est passée devant nous, nous avons tous crié. Elle s’est arrêtée à environ deux cents mètres, plus loin. Marcel comme tu as été le premier à rejoindre la voiture raconte la suite.

La nouvelle méthode de golf révolutionnaire Golf ANTRAD Visitez le site http://www.golfantrad.com/

Vous voulez recevoir dans votre courriel une blague tous les jours? Cliquez ici!

 
Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
 
Recherche dans
Marcel Béliveau
Visitez les Articles du site Berclo. Rubriques : A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

 

recettes
Recette :
Vin :
 
 
 
 
Toutes nos chroniques

Retour à Planète Québec

C O U R R I E R - É L E C T R O N I Q U E
[ Rédacteur en chef | Chef de pupitre ]


Politique de confidentialité

Copyright © 2006 - Planète Québec inc. Tous droits réservés.

Répertoire de bon liens