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| Un Jour à New York... |
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Mercredi le 09 mars, 2005 |
Comment l’avez-vous connu ce monsieur détective, demande Gévry.
Je l’ai vu plusieurs fois, on est même devenu des amis, faudrait que je te raconte une histoire à propos de JP, mais une autre fois. La première fois que je l’ai vu, c’est lui qui est venu me voir, il est venu au restaurant où je travaillais. Il s’était installé au bout du comptoir avec un café, il observait tout le monde. Au moment où je lui ai servi un troisième café, il m’a grogné : C’est vous Théo,
J’ai fait signe que oui avec la tête. J’ai à vous parler, qu’il m’a dit sans lever les yeux de sa tasse de café.
Je n’étais pas très rassuré, par l’allure du bonhomme, le ton employé et surtout la face qu’il avait. Un visage dur, avec de gros traits, de gros sourcils, il ne faisait pas tellement rassurant. Mais aussitôt qu’il souriait, c’était magique, ce gars-là se transformait, c’était un autre homme. De plus, c’était un pince-sans-rire sans pareil. Il savait utiliser à son avantage l’effet qu’il produisait.
Il avait rendu visite à tous les amis proches de ton père. Un jour il me dit : Théo, ça t’ennuierait de venir avec moi au bureau, ce serait plus simple que de traîner des dossiers. Chemin faisant il arrête devant un petit snack-bar sur la rue Papineau.
Là Gévry il faut que je te raconte cette anecdote.
On entre, y a presque personne, un gars ou deux au bar. Alors, on prend place tous les deux sur un tabouret et tout en s’assoyant Jean-Paul dit au gars derrière le bar, deux “coke” mon ami, mais le mien, je veux qu’il me soit servi par ton chat.
Automatiquement je regarde Jean-Paul. J’allais lui demander à quoi il voulait en venir, lorsque le gars derrière a répondu : Si le coke est servi par moi c’est .75 cents, servi par mon chat c’est $ 5.00 dollars. Puis en s’adressant à moi, il rajoute : Vous commandez ce que vous voulez, coke, pepsi, seven-up, orangeade, mon chat ne se trompe jamais.
Alors JP. dépose un billet de cinq dollars sur le comptoir et dit au gars : Fais le message à ton chat que Jean-Paul boirait un coke servi par lui.
Alors là, j’ai vu une chose que je ne verrai plus de toute ma vie. Le bonhomme derrière le comptoir, de sa main droite, a attrapé son chat par la queue et l’a soulevé au bout de son bras. Avec sa main gauche, il a fait glisser le couvercle du réfrigérateur où étaient placées debout toutes les bouteilles de boisson. Le chat se débattait pour prendre pied quelque part. Il a descendu lentement le chat au-dessus des bouteilles et là le chat qui cherchait à s’agripper à du solide à l’aide de ses griffes, ne pouvait faire autrement que de saisir une bouteille par les rebords du bouchon en métal. Une fois le chat bien agrippé, il soulevait à nouveau le chat qui lui, ne lâchait pas la bouteille du bout de ses pattes de devant. Ensuite il déposait la bouteille devant le client.
Alors, Jean-Paul lui a dit : C’est super génial votre truc. Il a bu son coke d’un seul trait et a rajouté : Y a beaucoup de clients qui demandent à être servi par le chat...
Ça dépend des journées de répondre le gars, y des jours où il y a plus d’affluence, le chat n’arrête pas, mais disons que la moyenne est entre vingt et cinquante par jour. Y a des journées où je fais plus d’argent avec le chat qu’avec les déjeuners.
Alors, Jean-Paul a mis la main dans sa poche et a sorti sa plaque de police.
Je vous arrête mon ami, pour mauvaise conduite et mauvais traitement envers un animal. Vous mériteriez mon ami, que je vous attrape de la même façon pour vous amener au poste...
C’était un gars sensible ce Jean-Paul. Lui aussi, lorsque j’ai appris son décès, ça m’a donné un coup. Il me parlait de Renaud ton père, comme s’il l’avait connu.
Je serais curieux de fouiller dans ses dossiers.
Mais j‘y pense, de dire Théo, avant d’aller à la police et d’obtenir les autorisations nécessaires, ça peut être long. Tu devrais plutôt parler à Tom Niquet et à Marcel Ferland.
Et qui sont ces messieurs de demander Gévry.
Je crois, dit Théo, que l’un des deux et peut-être même les deux, ont parlé à Renaud, ton père, la veille de son départ pour New York.
Moi je ne les connais pas vraiment, Ferland est avocat et Niquet je ne saurais dire, mais je sais qu’il habite en province. Tous les deux étaient de grands amis de ton père.
Monsieur Martineau, je ne sais comment vous remercier d’abord pour cet excellent repas et surtout pour le temps que vous m’avez consacré à me parler de mon père. Je vous avoue que ça me fait très étrange d’entendre parlé de quelqu’un que je n’ai jamais connu et qui plus est mon père.
Je ressens quelque chose d’inexplicable et la manière dont vous en parlez me bouleverse. Pour la première fois de ma vie, Théo, j’ai comme une certaine fierté d’être le fils de Renaud.
Pour être honnête avec toi, Gévry, je dois te dire que de te voir là en face de nous, nous apporte un réconfort moral inestimable. La disparition si soudaine et inexplicable de ton père, fut comme l’absence d’un frère parti en mission dans un lointain pays. Je n’ai jamais perdu espoir de le revoir un jour. Mais cet espoir que j’ai nourri durant de si nombreuses années est peut-être arrivé à son dénouement par ta présence.
Il se fait déjà tard, Théo, et je ne voudrais pas abuser davantage et j’admets que le décalage horaire est plus difficile à absorber que je le croyais.
Je vais rentrer à l’hôtel et réfléchir à cette histoire étrange.
Laura et moi, allons te déposer à ton hôtel.
Et qu'est-ce que c’est que ce petit paquet, demande Gévry à Laura.
Oh c’est pas grand-chose, c’est un peu du « pouding » chômeur que j’ai mis dans un petit plat en plastic. On ne sait jamais, avec le décalage si tu n’arrives pas à dormir et qu’une petite fringale te prend, tu auras une dernière pensée pour Laura. |
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