On sera en mesure d'embrigader toute la nouvelle génération, lui fournir une idéologie et des moyens d'action pour bâtir la nouvelle société qu'on veut bâtir et que nos pères n'ont pas été en mesure de bâtir parce qu'ils étaient trop mal pris. On sera capable de résister à la répression actuelle qui est pire que celle qu'on avait connue. Voilà notre choix, du moins, ça m'apparaît comme ça.
Ou bien on veut transformer la société et alors, il ne faut pas l'attaquer tranquillement et de temps à autre et à peu près. Il faut d'abord se bâtir de petits mécanismes primaires pour pouvoir vous rejoindre quand on veut vous rejoindre. Quand un syndicat a besoin de l'aide des autres syndicats, il faut pourvoir rejoindre les officiers, pas en trois semaines mais en 24 heures, et les membres également. Il faut bâtir des mécanismes aussi simples que ceux-là mais difficiles à organiser pour que la solidarité représente quelque chose.
(...)
Voilà notre problème fondamental de solidarité pour avoir une influence dans le milieu: on sait que toute la presse écrite, la presse parlée, la télévision sont systématiquement contre nous. Ce sont des intérêts privés et ils trouvent qu'on va contre les intérêts privés.
Congrès du CCSNM, 1969.
On n'apprend pas le syndicalisme à l'école que je sache, on n'est pas encore assez civilisé pour ça, pour montrer aux travailleurs comment se défendre et comment avoir l'esprit de solidarité. On nous apprend plutôt à se battre les uns contre les autres.
Congrès du CCSNM, 1970.
Tout est à la disposition des militants à la CSN pour se battre. Ce qui nous manque, c'est la volonté de diriger des affaires, de changer notre convention collective pour y mettre des éléments de participation aux décisions. Si on n'est pas capable de faire cela sur le plan syndical, on ne fera pas cela sur le plan politique, ce n'est pas vrai, personne ne pourra m'en convaincre. On va s'en aller de bonne volonté dans un parti politique comme il y a des bons militants qui sont partis dans le PQ pour se débarrasser de Bourassa. J'ai vu ça quand on s'est débarassé de Duplessis, de Taschereau en 1936 et maintenant, je vais voir ça avec Bourassa. Mais cela ne fait pas un mouvement politique, ni une classe ouvrière, ni un peuple qui veut se mener. C'est de la foutaise cela tant qu'on n'aura pas plus de solidarité entre nous.