Chronologie
1916:
Le 20 décembre, naissance de Michel Chartrand, fils de Marie-Joseph-Louis Chartrand (1867-1944) et Hélène Patenaude (1873-1962), à Outremont, au 97 de la rue McCulloch, angle du boulevard Mont-Royal. Il est le treizième d’une famille de 14 enfants (septième garçon). Ses frères qui le précèdent sont Paul, Lionel, Gabriel, Gaétan, Gérard et Marius. Quant aux filles, la plus vieille, Lilianne (Lili) est suivie de: Adrienne, Stella, Lucienne, Myrielle, Yvette et la quatorzième, Jacqueline.
Louis Chartrand est à l’emploi du gouvernement du Québec à titre de vérificateur au palais de justice de Montréal. Il assumera cette fonction durant 44 années. Ni bleu ni rouge (selon les partis politiques), il est… nationaliste!
1921:
Michel vit quelques mois au centre-ville de Montréal, rue Labelle, et y rencontre des personnages un peu étranges pour lui vu son très jeune âge, en plein Red Light…
1922 Classe préparatoire à l’école Dollard, à Outremont, dirigée par les frères maristes qu’il apprécie beaucoup.
1925 Michel fait son entrée à l’Académie Querbes, à Outremont, dirigée par des clercs de Saint-Viateur: il est en 4e année et Pierre Elliott Trudeau, futur premier ministre du Canada et parrain de la Loi des mesures de guerre promulguée en octobre 1970, est inscrit, lui, aux classes de langue anglaise.
1926 Michel poursuit ses études à l’Académie Querbes.
1929 Entrée au collège Brébeuf, en Éléments latins. Pierre Elliott Trudeau y est aussi inscrit…
Il n’aime pas ce collège et trouve ses professeurs incompétents. Il y fait des études médiocres, demande à être changé de collège.
1931 Pensionnaire au collège de Sainte-Thérèse où il ne trouve pas d’intérêt et se réfugie dans la lecture. Il lit beaucoup, habitude qu’il a toujours conservée. Il donne des cours de grec.
1933 5 septembre. Entrée à la Trappe d’Oka. Il est moine de chœur. Il effectue des travaux manuels, médite et prie. La vie qu’il y mène, lui, «un homme de parole», se déroule dans un silence de chaque instant.
1935 8 octobre. Il quitte la Trappe d’Oka.
1936 Il travaille bénévolement à la Jeunesse indépendante catholique (JIC) du diocèse de Montréal.
Il profite de ses soirs libres pour suivre différents cours, entre autres à l’École des métiers, dans le secteur de l’imprimerie (l’actuel cégep Ahuntsic, rue Saint-Hubert, angle Legendre, à Montréal). Il apprend son métier de typographe chez les frères des Écoles chrétiennes.
Michel devient secrétaire des Jeunesses patriotes (groupe nationaliste). Il quitte ce mouvement lorsque celui-ci décide d’appuyer Maurice Duplessis aux élections suivantes.
1938 Voyage en Abitibi avec la colonie Dollard-des-Ormeaux à Saint-Dominique-de-Béarn, sous les auspices de l’ACJC (Action catholique de la jeunesse canadienne, qui deviendra plus tard la JIC; l’ACJC était une sorte de fédération qui chapeautait les autres mouvements).
Il voit de jeunes ex-chômeurs de la région de Montréal venus s’établir en ce pays de roches y mourir de fièvre typhoïde, mort attribuable à l’eau contaminée de la rivière, elle-même empoisonnée par le déversement de produits toxiques provenant des compagnies mêmes qui exploitent ces travailleurs. Prise de conscience: un gouvernement dit catholique et canadien-français, à cette époque, se permettait d’être complice de cela et laissait, sans mot dire, mourir ces jeunes travailleurs.
À son retour à Montréal, il adhère à l’Action libérale nationale (ALN) avec Paul Gouin, dissident du groupe dirigé par Maurice Duplessis.
1939 Inscrit à la faculté des sciences sociales, économiques et politiques de l’Université de Montréal.
Organisateur aux élections provinciales du Québec au sein du parti politique l’Action libérale nationale.
1940 Il devient dirigeant de la JIC, organisation chapeautée par des ecclésiastiques, et participe aussi aux Jeunesses patriotes.
Avec ses parents, il déménage à Montréal au 288, carré Saint-Louis.
Il fait la rencontre d’André Laurendeau, qui deviendra chef du Bloc populaire canadien (BPC).
Il suit des cours d’histoire de l’abbé Lionel Groulx à l’Université de Montréal, rue Saint-Denis, à Montréal, et fréquente l’École des sciences sociales du père Lévesque |