ÉPILOGUE 2 Le fils spirituel et le frère ennemi
Le fils spirituel de Michel Chartrand, le professeur Léo-Paul Lauzon, titulaire de la chaire en études socioéconomiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), vient le rejoindre. Il lance en sa compagnie, au local électoral, le livre préparé par quatre chercheurs de sa chaire et intitulé À qui profite la déréglementation de l’État?
À Montréal, le frère ennemi1 de Michel Chartrand, Marcel Pepin, lance, en compagnie de l’auteur Jacques Keable, sa biographie, Le monde selon Marcel Pepin, dans lequel on peut lire: «Chartrand n’a jamais été un démocrate. En paroles oui, mais pas en pratique.»
Pour se défendre, Pepin dira aux journalistes:
Cette phrase a été dite et écrite bien avant la présente campagne électorale, évidemment. Mais que voulez-vous, le sort en est ainsi.
Marcel Pepin explique, dans une entrevue au Soleil, qu’il respecte Michel Chartrand mais qu’ils ont toujours eu deux façons bien différentes de travailler.
Chartrand réplique:
Ça ne me dérange pas beaucoup, parce que ce n’est pas exact. Curieusement j’ai déjà rempli le Forum de Montréal une fois, et Marcel n’était pas venu. J’ai un seul problème, c’est ma conscience.
Un sondage
Quelques jours plus tard, Le Devoir, dans son édition du 23 novembre, publie les résultats d’un sondage dans le comté de Jonquière: Lucien Bouchard obtiendrait 51,7% du vote, Michel Chartrand 18,6% et Guylaine Caron du Parti libéral, 13,8%. Selon Le Devoir, l’appui important dont jouit Michel Chartrand est associé à un témoignage de reconnaissance, à un mouvement de solidarité syndicale dans une région où le chômage est élevé.
Cette élection est l’occasion, pour le candidat Chartrand, de redécouvrir les jeunes en qui il avait mis tous ses espoirs à la fin des années soixante. |