La Deuxième Guerre mondiale est terminée depuis le 8 mai dernier, mais le conflit avec le Japon s’éternise. Les États-Unis, pressés d’en finir et ne se préoccupant guère du sort des populations civiles, lâchent, le 6 août 1945, sur la ville d’Hiroshima, une première bombe atomique.
L’Amérique ignorant l’ampleur du désastre, une seconde bombe atomique est larguée sur la ville japonaise Nagasaki, avec la bénédiction du président Harry Truman. Des millions de personnes, hommes, femmes, vieillards et enfants, mourront brûlées vives et des millions d’autres verront leur agonie se prolonger pendant des dizaines d’années. Ce n’est que beaucoup plus tard que le peuple américain réalisera les atrocités causées par leurs autorités «responsables». Il sera alors scandalisé et bouleversé par ce geste d’une violence inouïe, d’une ampleur insoupçonnée.
Un père de famille absent
Les absences répétées et de plus en plus prolongées de Michel commencent à peser lourd dans les rapports amoureux du couple Chartrand. Michel est de toutes les bonnes causes, mais il en oublie une, capitale: celle d’être présent pour voir à l’éducation de ses enfants.
Vers la fin du mois de novembre, Gabriel, un frère de
Michel qui a combattu en Europe, invite Simonne et ses trois petites à venir se reposer pendant quelques jours à Sainte-Adèle. Simonne, qui est enceinte d’un quatrième enfant, en profite pour écrire une longue lettre à Michel dans laquelle elle tente de lui faire comprendre que les pères, eux aussi, ont certains devoirs.
Il lui est plus facile d’écrire ses états d’âme que de les exprimer de vive voix à Michel, car ce dernier n’est pas un modèle de patience lorsqu’on l’interpelle de la sorte. Il s’emporte facilement et Simonne perd toute contenance. Dans cette lettre, pour la énième fois, Simonne explique à Michel qu’il doit absolument s’impliquer davantage dans l’éducation de ses enfants.