CHAPITRE ONZE Le clan Chartrand en Abitibi
Quelques jours plus tard, le hasard faisant bien les choses, Michel fait à Simonne une offre qu’elle ne pourra refuser. Il lui propose de venir s’installer avec lui à Rouyn-Noranda pendant la période des vacances. Un petit appartement vient de se libérer pour cette période, et puis Lise et André Payette, qui sont tous deux sur place, pourront au besoin héberger leurs filles.
Il n’en fallait pas plus pour décider Simonne, militante dans l’âme et épouse aimante, à entreprendre ce long voyage avec ses sept enfants. Une fois rendue sur place, elle ne se croisera pas les bras, on s’en doute bien. Elle aura tôt fait de mettre sur pied un comité des femmes, comme elle l’avait fait, il n’y a pas si longtemps, à Shawinigan. Bref, Simonne, Michel et les Métallos forment une équipe du tonnerre!
Simonne n’est pas encore installée à Noranda que Michel quitte sa famille pour assister au Conseil national du CCF à Winnipeg, au Manitoba. Il y retrouve son ami et mentor, Jacques Perrault; André Payette, alors journaliste à l’hebdomadaire La Frontière de Rouyn-Noranda; Thérèse Casgrain, la leader provinciale, section Québec, qui a décidé en 1955 de changer le nom du parti, incompréhensible en français, en celui du Parti social démocratique du Québec, le PSD.
Pendant son bref séjour en Abitibi, Simonne devra effectuer un aller-retour Rouyn-Montréal pour participer à une émission de télévision au réseau français de Radio-Canada. Pour une rare fois, Michel se retrouve seul avec ses sept enfants.
Il reviendra de Winnipeg et Simonne devra bientôt repartir, avec sa trâlée d’enfants, pour Boucherville.
Le Rassemblement
Pendant ce temps à Montréal, une centaine de personnes se rassemblent afin de mettre sur pied un mouvement d’éducation et d’action démocratique. Pierre Dansereau, le doyen de la faculté des sciences de l’Université de Montréal, prendra la tête de ce mouvement, au sein duquel se retrouvent également André Laurendeau, du défunt Bloc populaire, Pierre Elliott Trudeau, dilettante reconnu, Gérard Pelletier, journaliste, Jacques Hébert, du journal Vrai, ainsi que Amédée Daigle et Jean-Paul Lefebvre, provenant des milieux syndicaux.
«Le Rassemblement est un mouvement d’éducation et d’action démocratique dont l’intention première est de fournir au peuple du Québec le milieu et les instruments nécessaires à l’acquisition d’une solide formation politique», peut-on lire dans les actes de fondation de l’organisme.
Michel Chartrand ne peut prendre part aux premiers débats du Rassemblement, car il est occupé à plein temps avec les Métallos. Son contrat d’embauche doit se terminer en septembre, mais il restera en poste jusqu’à la fin de l’année 1956. Il reviendra militer au Rassemblement l’année suivante. |