TÉMOIGNAGES
Je travaille depuis le mois de novembre 1991 à la préparation de cet ouvrage sur Michel Chartrand. Au fil de mes recherches, j’ai fait plus d’une centaine d’entrevues avec ses amis, ex-amis, parents, confrères de classe, collègues et vagues connaissances. Tout un chacun a son opinion bien arrêtée sur Michel Chartrand. Qui n’en a pas?
Voici, succinctement, sans identifier leurs auteurs, certaines opinions et confidences qu’on m’a livrées sur lui.
J’y ajoute à l’occasion, mes propres remarques. J’espère que ces fragments de témoignages pourront aider les lecteurs à mieux comprendre et cerner ce personnage public.
Mais tout d’abord, voici un acrostiche écrit par Émile Boudreau, un vieux partenaire de combat de Michel Chartrand. Ce texte a été rédigé peu après l’incarcération de Michel, le 16 octobre 1970, en vertu de la Loi des mesures de guerre du Canada.
Mesures de guerre… appréhension… insurrection…
Insidieuse conspiration… sombre sédition…
Complots… perquisitions… panique… arrestations…
Homme en kaki… soupçons… armée… occupation…
Et voilà que pour bien mater ta résistance
Le POUVOIR te menotte et te jette en prison!
Criminel d’habitude dans la contestation!
Honnêtement, tout haut, et d’un ton claironnant,
Acerbe très souvent, même un peu fanfaron,
Rageur ou ironique, raisonneur ou cinglant,
Ton rire victorieux confondant l’adversaire,
Respectueux du faible, méprisant l’arrogance,
Autant que l’injustice, autant que l’arbitraire,
Non! Parthenais ne peut te réduire au silence!
Dompter un comme toi, y a pas une osti d’chance! |