Le Devoir appuie les grévistes Il faut nourrir les familles
Vendredi le 22 septembre, 2006
CHAPITRE SEPT Le Devoir appuie les grévistes
L’équipe éditoriale du Devoir et son reporter Gérard Pelletier appuient ouvertement la cause des grévistes d’Asbestos:
Le 22 avril, en se rendant sur les lieux, nous raconte le journaliste historien, Richard Gwyn, Gérard Pelletier passa prendre Pierre Elliott Trudeau qui est en sandales, imperméable en loques, barbe blonde mal taillée, et ils se mirent en route pour Asbestos dans la Singer cabossée de Pelletier dont le volant était installé à droite. Leur première rencontre leur parut sortir tout droit d’un film des Marx Brothers: un policier qui n’avait jamais vu de voiture avec le volant à droite les arrêta parce que Trudeau, assis sur le siège qui, dans l’esprit du policier, était celui du conducteur, n’avait pas de permis de conduire1.
Gilles Beausoleil raconte, lui:
Devant leur refus, Pelletier et Trudeau furent amenés au Club Iroquois — le club social de la compagnie transformé temporairement en quartier général de la police provinciale —, où un officier supérieur du nom de Gagné les interrogea. Quand ce dernier se rendit compte qu’il s’agissait d’un correspondant de presse et de citoyens peu intimidables, l’arrogance fit place à la politesse2.
De son côté, l’archevêque de Québec, Mgr Maurice Roy, multiplie les démarches afin que les parties acceptent l’arbitrage, mais on ne réussit pas à s’entendre sur le choix d’un président du tribunal d’arbitrage.
Il faut nourrir les familles
La grève, comme on s’en doute, affecte gravement le budget des familles des mineurs, privées de tout revenu. Depuis le 18 mars, la CTCC organise des livraisons de vivres et de vêtements. Ainsi, des ouvriers des salaisons, qui viennent tout juste de sortir d’une grève, expédient à Asbestos 1000 livres de margarine, en dépit du fait que le gouvernement du Québec vient d’interdire la vente et même la consommation de ce produit.