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Sept mille personnes contre Duplessis Un catholicisme à gros grain |
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Mercredi le 25 octobre, 2006 |
CHAPITRE ONZE Sept mille personnes contre Duplessis
Le 7 septembre, à Québec, devant le Parlement, plus de 7000 personnes, dont Michel et Simonne, sont rassemblées pour signifier leur appui aux mineurs de la Gaspé Copper Mines, qui réclament une première convention collective. Les manifestants viennent de toutes les régions du Québec.
La manifestation se déroule dans l’ordre. C’est la première fois qu’on assiste à Québec à un rassemblement de solidarité ouvrière d’une telle envergure. Gaétan Montreuil, lecteur de nouvelles à la télévision de Radio-Canada, rend compte de la situation en ces termes:
Trois semaines après la marche sur Murdochville, les syndicats affiliés au Congrès du travail du Canada, auxquels se sont joints ceux de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, organisaient un vaste ralliement à Québec. Le premier ministre de la province n’a pas reçu la délégation des protestataires.
Afin de mettre un peu de baume sur les plaies des syndiqués, le 24 septembre 1957, le juge William Morin, de la Cour supérieure, écarte un des principaux obstacles au règlement de la grève des mineurs en rejetant le bref de prohibition que la compagnie avait déposé, plus d’un an auparavant, en juin 1956. Mais les troupes sont épuisées. La grève a trop duré, elle est perdue. Les grévistes n’ont pas réussi à empêcher la mine de cuivre de fonctionner.
Le 5 octobre, 200 d’entre eux décident par scrutin secret de mettre fin à leur grève et de se présenter au travail. La compagnie, dans un scénario devenu classique, depuis Lachute, Asbestos et Louiseville, veut garder à son emploi les 800 scabs et elle ne reprendra que 200 grévistes, au fur et à mesure de ses besoins. Au moins 400 grévistes ne retrouveront jamais leur emploi.
La Gaspé Copper Ltd intente une poursuite contre les Métallos pour dommages à la propriété et perte de gains pendant la grève. Le 7 décembre 1964, le juge Lacoursière donne raison à la compagnie et condamne le Syndicat international à verser à la Gaspé Copper un montant global de plus de 2,5 millions de dollars, incluant les intérêts. Les métallos en appellent de cette condamnation mais ils seront déboutés en Cour suprême.
En septembre 1965, la section locale 6086 des Métallos obtient enfin son accréditation, après une campagne dirigée par Émile Boudreau. Les 800 employés de la mine signeront leur première convention collective de travail en 1966, soit 14 ans après le début de l’organisation syndicale à Murdochville.
Un catholicisme à gros grain
Une mauvaise surprise attend les Chartrand à leur retour à Longueuil. La Fédération du commerce de la CTCC n’a pas digéré que leur employé participe à une grève d’un syndicat affilié à une autre centrale syndicale et elle le licencie. Le geste de Michel Chartrand est jugé d’autant plus grave qu’il a appuyé un syndicat non catholique! À la CTCC, on est catholique pour vrai mais on n’a que faire de la charité chrétienne!
Michel Chartrand se retrouve encore une fois en chômage. Il ne s’en fait pas outre mesure. Il sait qu’il peut compter sur des amis sûrs et fidèles.
Ainsi, il repartira bientôt en tournée à travers le Québec avec son ami Gérard Picard, le président de la CTCC, mais investi de nouvelles fonctions, celles de «chauffeur» du président! |
Fernand Foisy a écrit quatres livres sur Michel Chartrand.
Le premier: Michel Chartrand - Les dires d'un homme de parole
Le deuxième: Michel Chartrand - Les voies d'un homme de parole.(1916-1967)
Le troisième : « Sacré Chartrand » (101 « best of » Michel Chartrand ) publié en 2002
Le quatrième : Michel Chartrand - La colère du juste (1968-2003)
Les quatre chez Lanctôt-Éditeur, http://www.lanctotediteur.qc.ca/
Visiter le site: http://www.michelchartrand.net
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