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| Dans le Rassemblement |
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Vendredi le 27 octobre, 2006 |
CHAPITRE DOUZE Appui de la CTCC au programme du PSD
Le trente-sixième congrès de la CTCC a lieu à Québec au mois de septembre 1957. Michel y participe comme tous les permanents de la centrale syndicale. Ses prises de position suscitent de vifs débats. Entre autres, il obtient, non sans peine, que la CTCC appuie le programme du Parti social démocratique, le PSD (CCF). Quand un permanent syndical affiche des couleurs libérales — cela s’est vu par le passé —, il s’en trouve peu pour protester, mais quand on sollicite un appui à un parti qui défend les intérêts des travailleurs, cela semble toujours très compliqué. Comment expliquer cette ambiguïté?
Dans le Rassemblement…
Michel Chartrand se joint officiellement au Rassemblement démocratique, fondé en 1956 par les Pierre Dansereau, Trudeau, Laurendeau, Pelletier, Jacques Hébert, Jacques Perrault et compagnie. Il prend une part active aux diverses activités du Rassemblement.
Les militants du Rassemblement tiennent la plupart de leurs réunions au Cercle universitaire (maintenant démoli), sur la rue Sherbrooke Est. L’endroit est bien choisi pour Michel Chartrand, car c’est là que Gérard Picard convoque fréquemment ses troupes.
Le leader provincial du PSD à la télévision
Des élections générales fédérales sont décrétées pour le 31 mars 1958. Chef du Parti social démocratique (PSD), Michel Chartrand veut profiter de l’occasion pour défendre ses opinions socialistes.
Il se porte candidat de son parti dans le comté de Lapointe (Arvida). Conformément aux règles établies par la Société Radio-Canada, tout les partis politiques ont droit à du temps d’antenne, offert gratuitement par la Société. Michel Chartrand y aura droit, lui aussi, et il ne s’en privera pas.
Véritable verbo-moteur, personnalité enthousiaste, convaincue et convaincante, Chartrand deviendra rapidement une vedette de la télévision nationale. Il a compris l’importance et l’influence de ce nouveau médium.
C’est en compagnie de Bernard Boulanger, du puissant syndicat des Métallos, et de Fernand Lavergne, un dirigeant syndical de Shawinigan, qu’il se présente au petit écran. Son style ressemble fort à celui de René Lévesque; il s’exprime à l’aide d’un tableau noir et d’une craie blanche avec laquelle il dessine sa fameuse «pyramide du pouvoir».
On voit, à la base de la pyramide, le bon peuple à qui revient le seul pouvoir d’élire un chef de gouvernement tous les quatre ans. À la tête de la pyramide, le vrai pouvoir, celui des banques, celui d’une poignée d’hommes.
Banques
Fiducies
assurances
fonds de retraite
compagnies de gestion
Forêt — papier
eau — mines — électricité
chimie — métallurgie
Petites et moyennes entreprises
Agriculteurs, pêcheurs
artisans, professionnels, commerçants
6 000 000 de Québécois qui élisent un chef à l’Assemblée nationale
— Et on appelle ça une démocratie! de s’exclamer Chartrand.
Bernard Boulanger, conseiller syndical de la FTQ, se souvient de cette campagne électorale et de celle de juin 1957:
Fernand Lavergne et moi-même accompagnions Michel dans les studios de Radio-Canada prévus à cet effet. Nous avions 20 minutes pour faire notre démonstration; évidemment, Michel en prenait 10 à lui seul. Par la suite Michel et Simonne invitaient les 26 candidats du PSD à leur résidence de Boucherville où ils nous recevaient à «une épluchette de blé d’Inde. Encore là, Michel reprenait son travail d’éducation politique et il présentait chacun des candidats à ses enfants.
Tous échangeaient comme de véritables connaisseurs de la politique. Nous étions une équipe de travailleurs convaincus de la cause que nous défendions, mais sans grandes ressources financières. Ivan Legault, le parrain du fils de Michel, le blond Dominique, nous prêtait son automobile et Maurice Vassart, le président-fondateur du Syndicat des employés de la CTCC, nous servait de chauffeur. Je me rappelle aussi de Viateur Saint-Jean, du Syndicat des cheminots, qui était aussi candidat du PSD.
Il ne faut pas oublier que Simonne, en bonne éducatrice, se fait un devoir de compléter l’apprentissage politique de ses enfants en leur faisant écouter les propos de leur père à la télévision. |
Fernand Foisy a écrit quatres livres sur Michel Chartrand.
Le premier: Michel Chartrand - Les dires d'un homme de parole
Le deuxième: Michel Chartrand - Les voies d'un homme de parole.(1916-1967)
Le troisième : « Sacré Chartrand » (101 « best of » Michel Chartrand ) publié en 2002
Le quatrième : Michel Chartrand - La colère du juste (1968-2003)
Les quatre chez Lanctôt-Éditeur, http://www.lanctotediteur.qc.ca/
Visiter le site: http://www.michelchartrand.net
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