Le respect de l'homme, ça commence par leur santé. On n'a pas le droit de se détruire physiquement dans une usine. C'est de l'incitation au suicide. Dans certaines usines, ce suicide est organisé régulièrement, systématiquement, avec les complicité des ingénieurs.
ABDMA, 1968.
Avant de se battre pour une augmentation de salaire, il faudrait commencer par se battre pour faiare nettoyer l'usine. Si on n'est pas capables d'être solidaire pour faire respecter notre santé, ce n'est pas vrai qu'on aura la force morale pour aller chercher ce qu'on veut. On trouvera que les officiers ne font pas bien ça, que la CSN ne fait pas bien ça, que la publicité n'est pas bien faite et tous seront responsables, sauf nous, les membres. Il faudrait qu'au même titre que les luttes ouvrières, dans les années à venir, à la CSN, au congrès, au Conseil confédéral, à nos fédérations, puis à notre Conseil central, nous mettions toutes les énergies pour protéger, pour faire respecter la dignité puis l'intégrité physique des travailleurs. Si on n'est pas capable de faire ça, c'est parce qu'on est un mouvement syndical qui bat de l'aile. On a un retard scandaleux. Quand je dis ça, je m'accuse, je n'accuse personne d'autre. Mais, je dis que maintenant qu'on connaît la situation, maintenant qu'on sait, qu'on n'a pas à attendre après aucun ingénieur, ils n'apprennent pas ça, ni à la Polytechnique, ni à Laval. La dernière machine à papier qu'ils ont installée à la Consolidated Bathurst à Port Alfred, il y a 123 décibels à côté de la machine puis de la vapeur qui sort. Ça veut dire que c'est de nature à tuer un homme dans peu de temps. Les ingénieurs ont fait une machine qui sort du papier en maudit, qui le sort vite et bon à part ça. Mais, ils n'ont pas pensé qu'il y avait des gars qui travaillaient alentour.