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Deux orphelins L’imprimerie du peuple |
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Mardi le 31 octobre, 2006 |
CHAPITRE DOUZE Deux orphelins
La fin de 1961 et le début de 1962 feront de Simonne et Michel, deux orphelins. La mère de Simonne, Mme Berthe Alain-Monet, décède le 18 octobre 1961. Elle était âgée de 69 ans. La mère de Michel, Mme Hélène Patenaude-Chartrand, meurt dans ses bras le 26 janvier 1962, à l’âge de 89 ans. «Dieu est amour et tu as aimé tellement toute ta vie qu’il t’attend au paradis», lui souffle-t-il à l’oreille alors qu’elle s’éteint.
Les Presses sociales, l’imprimerie du peuple
Au mois de mai 1962, les deux frères, Gabriel et Michel, achètent sur le boulevard Quinn, à Longueuil, deux maisons neuves. Michel déménage son imprimerie de la rue Saint-François-Xavier à Montréal au sous-sol de son nouveau logis. Il reprend le nom qu’il a acheté de Pierre Lebeuf alors qu’il travaillait à la petite imprimerie, au-dessus des bureaux de la CTCC, au 1231 de la rue de Montigny à Montréal. Les Presses sociales renaissent ainsi de leurs cendres. Michel Chartrand ne fait plus de syndicalisme actif, mais il continue de frayer avec ses amis du monde syndical.
Il publie Gilles Vigneault, Pierre Vadeboncœur, Claude Péloquin, Denis Vanier, la revue Our Generation against Nuclear War de Dimitri Roussopoulos, la revue Socialisme, le journal Le Peuple, l’organe officiel du PSQ, et Socialisme 64, qui deviendra Socialisme québécois en 1974.
Il ajoutera à ces publications des recueils de poésie et des conventions collectives de travail.
L’imprimerie embauche jusqu’à 12 personnes. Chartrand insiste pour que ses employés se syndiquent et, plutôt que d’embaucher un contremaître, il répartit le salaire de ce dernier entre ses employés.
Le climat de travail est plutôt agréable. Michel fournit même la bière à l’occasion et, chacun leur tour, ses employés doivent en faire autant! Son fils Alain y travaille et y fait son apprentissage.
Un jour, quelqu’un demande à Michel ce qui arriverait si son fils refusait de faire la grève avec les autres employés. «S’il ne veut pas faire la grève… je le crisse dehors!» réplique-t-il du tac au tac.
Michel Chartrand ne passe pas toutes ses journées à l’imprimerie. C’est Thérèse Desforges qui voit à la bonne marche de la boîte. La police suit de très près les activités de l’activiste imprimeur et elle perquisitionnera ses locaux à quelques reprises.
On prétend qu’il imprime le journal La Cognée, l’organe officiel du Front de libération du Québec (FLQ) mais, peine perdue, la police repart toujours bredouille.
Michel imprime une multitude de documents provenant d’organisations de gauche. Or celles-ci n’ont pas beaucoup d’argent et elles paient avec beaucoup de retard, ce qui n’aide pas nécessairement à la bonne santé financière de la petite compagnie.
Michel leur répète souvent: «Tu me paieras quand t’auras de l’argent, mon frère!» Thérèse Desforges doit faire des acrobaties comptables chaque semaine afin que les employés touchent leur salaire. Elle et Michel développent le kitting qui deviendra à la mode, une méthode financière un peu baroque mais combien efficace… |
Fernand Foisy a écrit quatres livres sur Michel Chartrand.
Le premier: Michel Chartrand - Les dires d'un homme de parole
Le deuxième: Michel Chartrand - Les voies d'un homme de parole.(1916-1967)
Le troisième : « Sacré Chartrand » (101 « best of » Michel Chartrand ) publié en 2002
Le quatrième : Michel Chartrand - La colère du juste (1968-2003)
Les quatre chez Lanctôt-Éditeur, http://www.lanctotediteur.qc.ca/
Visiter le site: http://www.michelchartrand.net
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