CHAPITRE HUIT Michel Chartrand à la direction de la CTCC!
Au trente et unième congrès de la CTCC, qui se tient du 14 au 18 septembre à Shawinigan, Michel Chartrand est délégué syndical. Cette ville lui est plutôt familière. Quelques mois plus tôt, il y était venu organiser la mobilisation des syndiqués de la région de Shawinigan/Grand-Mère en faveur des syndiqués de la compagnie de textile Wabasso, sans convention de travail depuis plus de trois ans. Trois fois par semaine, il s’adresse à la population et aux familles des syndiqués par le truchement de la radio. Il retourne ensuite à Sherbrooke pour s’occuper des syndiqués de la Rubin.
À ce congrès, il brosse un tableau complet et coloré des conflits réglés ou en cours dans la Fédération du vêtement. Les délégués, enthousiastes, le proposent comme candidat au poste de deuxième vice-président de la CTCC. Il décline l’offre, ne voulant pas embêter son ami, le président Gérard Picard. La véritable raison, c’est qu’il ne veut pas siéger aux côtés de Jean Marchand.
Un autre enfant
Quelques semaines plus tard, Michel Chartrand doit se rendre en vitesse à Victoriaville pour régler un autre problème syndical.
Dans une lettre qu’il écrit à Simonne, le 29 novembre 1952, de Victoriaville, il recommande à son épouse de mettre ses trois filles aînées au pensionnat des sœurs Sainte-Croix, pour son propre bien-être, car Simonne est de nouveau enceinte:
Ainsi tu pourrais mieux te rétablir, seule sur semaine, avec Alain et Suzanne. Évidemment, ça pose un nouveau problème financier. Mon salaire est convenable, mais nos charges familiales, je dois l’avouer maintenant, trop lourdes pour nos moyens pécuniaires. Mais c’est le cas de la plupart des familles ouvrières…
J’en profite pour m’excuser de te causer tant d’ennuis avec les problèmes d’argent, mais je sais quand même que tu me pardonnes parce que tu es bonne et que peut-être tu réalises que ce n’est pas par plaisir que j’ai des conditions de travail et des emplois un peu compliqués parfois.
Je t’aime bien,
Michel
Simonne répond à Michel qu’elle l’aime toujours autant. Même après 10 ans de vie commune! |