Recharges - Logiciels
Cartouches - Santé
Goyub Massage Demandes Trouver Photo Code Photos Internet service provider Maison Voyage Vacance Restaurant Auto Chalet Billet Bague Tps Perle Perles Hex Partition Key Swarovski perle Perles Crack VTT Voiture Voilier Video Vente Terrain Systeme Spectacle Serveur Securite Scooter Satellite Restaurant Public Professionnel Piece Outil Musique Musicien Motos Mobilier Massage Mariage Piece auto usagee PIECE DE MOTO Blanchiment des dents Plan de maison Top-euro Annonces Annonces europe Alarme Maison Logiciel Logement Location Jeux Internet Homme Gratuit Golf Formation Ferme Femme Elevage Construction Condo Concours Commerce Colocataire Coiffure Chignon Chien Cheval Chat Chasse Chalet Camion Bureau Bois Bateau Autocad Auto Audio Article Argent Appartement Annonce Animaux Alimentation


Sondage




Michel Chartrand
votre message ici
Abonnez-vous aux bulletins gratuits:
Votre adresse:

Michel Chartrand et Philippe Girard: deux organisateurs politiques
Une deuxième fille


Jeudi le 07 septembre, 2006

CHAPITRE SIX
Michel Chartrand et Philippe Girard: deux organisateurs politiques




Michel Chartrand applaudit à cette initiative. On aura de nouveau l’occasion d’apprécier ses talents d’organisateur car deux nouveaux comtés viennent d’être laissés vacants.
Avec une poignée de militants, il prend en main l’organisation du candidat du Bloc populaire, Paul Massé, dans le comté de Montréal-Cartier. Michel ne se fait pas trop d’illusions sur les possibilités d’une victoire. La haute direction du Bloc ne croit pas que son poulain, Paul Massé, puisse triompher et elle ne déploiera donc pas son artillerie lourde. Montréal-Cartier n’est pas un comté facile, une grande majorité des électeurs résidant dans des maisons de chambres. Il s’agit de locataires que la chose politique n’intéresse guère. Ces gens-là n’iront pas voter. Le candidat le sait, il n’est pas un nouveau venu dans ce quartier où il s’est déjà présenté sans succès. Selon lui, il faut plus que de bons orateurs pour gagner, il faut d’abord et avant tout une équipe solide et expérimentée. Michel Chartrand ne peut à lui seul tout assumer. André Laurendeau, un des dirigeants du Bloc, n’entend pas tout risquer pour cette élection partielle, mais il se reprochera par la suite sa trop grande tiédeur.
Dans l’autre comté vacant, le comté de Montréal-Stanstead, c’est Philippe Girard, que Michel a rencontré en 1942 dans la Ligue pour la défense du Canada, qui dirige la campagne du candidat du Bloc populaire, Armand Choquette. Girard, un militant syndical de 20 ans l’aîné de Michel, est, depuis la fondation du Bloc et de la Ligue, le seul organisateur à plein temps. Président du syndicat des employés de la Montreal Tramway, il est alors en congé sans solde. Nationaliste convaincu et organisateur redouté, il est à l’aise aussi bien au provincial qu’à Ottawa. Il est, en outre, un orateur hors pair. Il réussira le tour de force de donner une première victoire au Bloc en faisant élire J. Armand Choquette, malgré le vote massif des anglophones pour le candidat libéral.
L’organisation de Michel Chartrand dans Cartier n’aura pas cette chance, mais le candidat du Bloc, Paul Massé, passera à un cheveu de la victoire, avec à peine 150 voix de moins que le candidat gagnant, Fred Rose, représentant le Parti communiste. Celui-ci, un intellectuel juif de l’Université McGill, était le candidat de la gauche canadienne. Les membres du Bloc regretteront amèrement de ne pas avoir participé plus activement à la campagne électorale dans le comté de Montréal-Cartier. Michel Chartrand n’a pas à avoir honte de sa performance. Il était peut-être le seul à croire à la victoire.
Incorrigible absent:
en politique et dans l’armée
Simonne salue avec joie la fin de cette campagne électorale. Michel pourra ainsi passer plus de temps à la maison avec elle et leur toute jeune fille, pense-t-elle. Hélas! Cet incorrigible absent ne sera de retour au foyer que pour quelques trop brèves journées, le temps de faire un second enfant… C’est ainsi, semble-t-il, que se déroulera la vie du couple. Les absences de Michel deviendront légendaires. Elles sont parfois planifiées longtemps à l’avance, parfois imprévues et commandées par des événements de toutes sortes. Simonne, de son côté, ne reprendra sa vie de militante active qu’après la naissance de leur quatrième enfant. Elle éprouvera un urgent besoin de respirer, de changer d’air et de sortir du cadre parfois étouffant du foyer familial. Son immense désir de s’instruire et d’aider qui en a besoin la motivera. Elle se mettra littéralement au service des organismes populaires. Leur cause deviendra sa cause.
Le couple Monet-Chartrand n’entend pas regarder le train passer. Vivre, c’est combattre, défendre ses idées et chercher à les faire accepter par le plus grand nombre, et non pas suivre comme un mouton ou se vendre au plus offrant.
Michel aura bientôt l’occasion de défendre son camp: le ministre canadien du Travail entreprend d’appeler à l’instruction militaire, dès le 16 août, les hommes mariés âgés entre 27 et 30 ans. Michel Chartrand, alors âgé de 27 ans, entre dans cette catégorie. Il reçoit par la poste, des autorités fédérales, une convocation pour l’examen médical. Comme il fallait s’y attendre, il ignore la convocation. Les autorités ne tardent pas à réagir et des agents recruteurs le cueillent sur la rue, près de chez lui. De nouveau, on lui demande de signer des formulaires rédigés uniquement en anglais. De nouveau, il refuse d’apposer sa signature sur un document unilingue anglais, ne se gênant pas pour égratigner au passage, avec toute la verdeur qu’on lui connaît déjà, les représentants du roi d’Angleterre. En cela, il fait figure de précurseur.
Cette guerre n’est pas sa guerre, clame-t-il. Tout en admettant être sujet canadien, il refuse de servir de chair à canon pour défendre un autre pays que le sien, l’Angleterre. Il invite même les agents recruteurs à se joindre à la Ligue de défense pour le Canada, où, selon lui, ils seraient plus utiles à leur pays.
Peu importe ses objections, on l’oblige à subir cet examen médical. Or, Michel souffre bel et bien d’une hernie hiatale et cette maladie, de toute évidence, peut le soustraire à l’enrôlement. C’est ce qui arrive. Il n’aura donc pas à faire le service militaire. C’est en bout de ligne la meilleure solution pour les autorités. Ce «fauteur de troubles» risquerait fort de contaminer les autres recrues. Et, on le sait bien, l’armée ne tolère pas l’indiscipline. Michel Chartrand a-t-il été jugé indésirable? Les dossier ont été supprimés.

Une deuxième fille


En 1944, Simonne accouche d’un deuxième enfant, une fille qui se prénommera Marie-Sophie-Hélène, du même prénom que sa grand-mère paternelle. Le parrain est le jeune frère de Simonne, Amédée «junior», encore aux études au collège Grasset, tandis que la marraine est Hélène Choquet, fille de Liliane Chartrand et d’Azarie Choquet. Hélène Choquet épousera plus tard Jean deGrandpré, le futur président de Bell Canada. Décidément, le prénom Hélène se porte bien chez les Chartrand. Le jeune poupon est présenté devant les fonts baptismaux, enveloppé lui aussi comme Micheline dans un tissu bleu garni de fleurs de lis blanches.

Simonne se retrouve à la maison à élever ses deux jeunes enfants qu’à peine 11 mois séparent l’une de l’autre. La jeune mère se débrouille tant bien que mal. Issue d’une famille bourgeoise et n’ayant jamais manqué de rien, elle n’est pas très familière avec les tâches ménagères. Surtout, l’argent se fait rare. Elle apprend à gérer sa nouvelle situation et trouve même le temps d’écrire une chronique dans le journal du Bloc populaire canadien.
Les élections approchent rapidement et Simonne appréhende le pire. Michel sera de nouveau absent pour de longues périodes, travaillant à l’élection des candidats du Bloc populaire, et elle sera encore plus seule à la maison. Elle sait que ces élections sont importantes pour son mari mais elle souhaiterait tellement qu’il soit plus présent à la maison afin qu’ils puissent tous deux élever ensemble leurs enfants. Pour Michel, cette situation est évidemment «temporaire», l’urgence de la situation commandant sa présence sur tous les fronts. Il rêve de pouvoir partager très bientôt toutes les joies familiales auprès de celle qu’il aime, mais Simonne commence à mieux connaître son homme et elle demeure sceptique. Comment réussir à concilier leur rôle de parents et celui de militants? se demande-t-elle, inquiète.

Entre deux corvées ménagères et deux réunions, les Monet-Chartrand trouvent néanmoins le temps de suivre des cours à l’École des parents, où Simonne assumera certaines tâches au sein du conseil d’administration.
Au début du mois de mai, M. Smet et Mme Françoise Gaudet-Smet, avec qui Simonne a déjà travaillé avant son mariage, invitent Simonne à leur maison de campagne, à Saint-Sylvère. Michel, qui voit la santé de sa femme se détériorer quelque peu, l’encourage à accepter l’invitation. Il prendra grand soin de ses petites pendant son absence, lui promet-il.

Ce sera l’occasion rêvée pour Simonne de faire le point sur sa vie d’épouse, de militante et de mère de famille. Du fond de sa retraite, dans cette ferme rurale où elle tente de se refaire une santé au milieu de la nature et loin du brouhaha de la ville, elle s’interrogera sur son avenir immédiat, écrivant à Michel et le prenant à témoin. Elle souhaite que leur couple puisse trouver la sérénité nécessaire à leur épanouissement. Elle ne reproche surtout pas à Michel son engagement social, loin de là. Elle le savait homme d’action bien avant leur mariage et elle l’accepte ainsi. Simonne est aussi une femme d’action et elle ne veut pas être confinée aux rôles traditionnellement dévolus aux femmes.

Au retour de son séjour à la campagne, son père l’appelle, rempli d’inquiétude. La mère de Simonne est gravement malade et elle a été transportée d’urgence en ambulance de Québec à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal. Le juge Monet, désemparé et abattu, implore sa fille de lui venir en aide. Il a bien tenté de trouver une personne qui verrait aux travaux domestiques de sa résidence pendant l’absence de son épouse, mais c’est la guerre et les jeunes femmes préfèrent travailler dans les usines de munitions, où les conditions de travail sont meilleures. Simonne accepte à contrecœur — ainsi que Michel — de loger pendant quelque temps au domicile de ses parents, dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal.

Fernand Foisy a écrit quatres livres sur Michel Chartrand.
Le premier: Michel Chartrand - Les dires d'un homme de parole
Le deuxième: Michel Chartrand - Les voies d'un homme de parole.(1916-1967)
Le troisième : « Sacré Chartrand » (101 « best of » Michel Chartrand ) publié en 2002
Le quatrième : Michel Chartrand - La colère du juste (1968-2003)
Les quatre chez Lanctôt-Éditeur, http://www.lanctotediteur.qc.ca/
Visiter le site: http://www.michelchartrand.net


Recherche dans
Michel Chartrand





Toutes nos chroniques
Google

Retour à Planète Québec

C O U R R I E R - É L E C T R O N I Q U E
[ Rédacteur en chef | Chef de pupitre ]


Politique de confidentialité

Copyright © 2003 - Planète Québec inc. Tous droits réservés.