Mardi le 10 décembre, 2002 |
Comme à vous tous, il m’arrive fréquemment de recevoir des courriels contenant jokes ou blagues diverses. L’en-tête révèle trois ou quatre FW témoignant que plusieurs dizaines, ou centaines, ou milliers d’internautes ont lu la drôlerie avant qu’elle n’aboutisse sur votre écran.
Mon célèbre (!!!) ami Yussef est friand de ces expéditions collectives électroniques. Il sait maintenir un niveau appréciable de subtilité et ne tombe jamais dans la facilité. Tout ça pour vous dire qu’aujourd’hui, je vous livre sa dernière histoire (légèrement remaniée) parce qu’elle me semble terriblement plausible et probablement issue d’un fait vécu.
Boris, quatre ans, a complété sa journée à la garderie. Christiane, professionnelle jusqu’au bout des ongles, constatant que Boris peine à mettre sa deuxième botte d’hiver, décide de lui venir en aide. La manœuvre s’avère ardue. Elle a beau tirer et Boris pousser, ça ne passe pas. Un gros cinq minutes d'efforts et de sueurs finissent par donner le résultat attendu.
Boris lance alors : «Elles ne sont pas du bon pied!», ce qui s’avère rigoureusement exact.
Christiane s’arme alors de patience, ravale le jurons qui lui passent par l’esprit et entreprend de lui enlever ses «crisses» de bottes. Une tâche toute aussi difficile qu’elle accomplit sans broncher.
Après quinze autres minutes de travaux forcés, les bottes sont enlevées puis remises dans les bons pieds.
Boris informe alors une Christiane épuisée que ce ne sont pas ses bottes.
Ici, vous fermez les yeux et vous imaginez mentalement la couleur du visage de Christiane qui passe du blanc, au rouge, puis au pourpre et peut-être même au mauve. Imaginez aussi tous les jurons typiquement québécois que son statut ne lui permet pas d’extérioriser.
Boris rajoute : «Elles sont à mon frère. Maman m’a dit de les porter parce qu’elles ne lui font plus». Nouvelle décoloration faciale pour Christiane qui retrouve son teint blanc avec un soupçon de rose.
Boris est presque prêt. Moins quinze Celsius à l’extérieur, Christiane demande au ti-cul où sont ses mitaines. Et Boris de lui répondre : «Je les ai mises dans le fond de mes bottes pour ne pas les perdre».
Le procès commence dans dix jours...
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