Mercredi le 11 septembre, 2002 |
Voulez-vous bien me dire quelles mouches ont piqué nos politiciens et certains journalistes qui viennent leur manger dans la main?
Comme vous, j’ai visionné lundi ce premier épisode de la série concoctée par Luc Dionne et réalisée par Pierre Houle, le fameux duo qui nous a livré la superbe série Omerta vers la fin du siècle dernier. J’ai trouvé le tout génial. Vrai qu’un épisode ne fait pas une saison mais le bébé est prometteur.
Encore ce matin, le grand Michel Vastel (qui se spécialise dans les biographies ou portraits de ses grands amis de la politique) s’en prend à Bunker.
Il dénonce le ton salissant de la série et cite en exemple une dame qui a fait 16 heures d’auto entre Murdochville et Gatineau pour venir présenter une motion au national du Parti Québécois. Ça c’est la vraie politique, clame le chroniqueur du Soleil. Moins trippant que les dialogues de Dionne, mais rudement nécessaire à l’avancement d’une cause.
Mais le pauvre monsieur Vastel, qui semble blessé personnellement par le scénario de Bunker, n’a rien compris du tout à l’œuvre de Dionne et Houle. Il regarde tout ça et analyse au premier degré tout ce qu’il y voit ou entend. Hey, on caricature et on parodie, m’sieur Vastel! Vous saisissez?
Comment pouvez-vous prendre au sérieux la scène d’ouverture ou Raymond Bouchard, nu comme un ver sur le bol d’une toilette immaculée qui se transforme en désert arctique par la magie des effets spéciaux? Monsieur Vastel mord à l’hameçon et clame que ces toilettes n’existent pas. Ah bon! Merci du tuyau!
Mais quand on écoute Raymond Bouchard (un attaché politique) parler et se désoler d’avoir à ne pas dire la vérité (il ne ment pas, c’est pas pareil...) parce que c’est son métier, on commence à mettre un peu le doigt sur le piton, non? Ces faiseurs d’élections et leurs slogans aseptisés, ça n’est pas ça la politique de nos jours?
Au cours des prochains épisodes, vous y verrez des fonctionnaires «tablettés» étendus sur de véritables tablettes d’entrepôt. Monsieur Vastel, il s’agit d’une image et nous savons que ces tablettes n’existent pas, ok ?
J’aime bien ces images pétés illustrant des situations ordinaires. On croirait parfois que Fellini vient y mettre son grain de sel. Je veux bien me laisser guider pendant dix semaines dans cet univers flyé ou images et messages s’entrecoupent pour ME laisser réfléchir et décoder MOI-MÊME le vrai du faux, l’inspiré de l’inventé, tout en me marrant des exagérations de l’auteur. Je veux m’amuser. C’est-tu assez clair?
Vive la liberté d’expression et le droit de rire. Merci Luc Dionne et continuez d’être baveux dans la fiction comme dans le vrai. Les bonnes âmes offusquées n’ont qu’à aller se faire voir ailleurs !
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