Jeudi le 13 février, 2003 |
Je vous ai déjà avoué ma téléphagie : j’en écoute trop, je le sais et je l’admets. Malgré tout, j’ai la prétention d’être sélectif et ne pas visionner indûment les très nombreuses niaiseries dont j’aime bien me moquer à l’occasion, quitte à choquer ou frustrer ceux qui écoutent ou lisent mes propos.
J’ai une sainte horreur des téléromans (Virginie, Mamies et autre Ennemi), des sitcoms (j’ai vu cinq minutes de Plateau et ça m’a suffit) et des âneries cheaps et supposément drôles produites par Quatre Saisons. Je n’écoute plus d’émissions sportives (sauf le football et Tiger Woods) et les canaux américains me laissent froid malgré mon bilinguisme.
Alors quoi? Que reste-t-il à me mettre sous la dent?
Les infos bien sûr. Les nouvelles matinales, les bulletins de début et fin de soirée, les émissions plus sérieuses (Enjeux, Zone libre, Découverte, la Semaine Verte), les baveux Francs-tireurs, Cricri le lundi à 23h 30, les musicographies, la bouffe Di Stasio, les comédiens chez Homier-Roy et patati et patata.
Mais mon péché, ma faiblesse, mon tendon d’Achille : les téléséries. Le canal francophone Séries + présente un choix de séries policières canadiennes (eh oui!) assez bien torchées, notamment Coroner Da Vinci et Cold Squad tournées à Vancouver, En quête de preuves tournée à Toronto et Hommes en 40taine tournée. . . à Montréal.
Bon! J’y arrive ! Avez-vous regardé la finale de Tabou lundi dernier sur les ondes du poste de Pierre-Karl ? Ces cinq dernières minutes pendant lesquelles personne ne parlait, laissant une voix d’ange féminine sussurer sa douce chanson.
Trois scènes qui reviennent en alternance pour illustrer le désarroi et les immenses peines des membres de cette famille. Éclairages sobres sur les trois plateaux de tournage, montage souple sans brusquerie et toujours le silence des acteurs.
Je veux simplement souligner ce moment exceptionnel de télé. Exceptionnel parce qu’il ne repose pas sur le jeu des acteurs mais strictement et uniquement sur le scénario et l’usage qu’en a fait le réalisateur.
Pas de rush énervant. Doucement, une mère qui réalise avec douleur sa fragilité psychique, sa fille ravagée par une peine d’amour lesbienne et l’accouplement d’un demi-frère en deuil avec sa demi-sœur qu’il connaît à peine.
Tout ça sans dialogue, sans un seul mot dit. Que la chanson et la voix sublime d'Arianne Moffat sur la bande sonore.
Chapeau aux artisans de cette perle. Chaviré j’étais. Et vous?
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