Lundi le 13 juin, 2005 |
Les férus d’histoire savent que Trois-Rivières est plus jeune que Québec (1608) mais plus vieille que Montréal (1642). Le sieur de Laviolette y jetait les bases d’un poste de traite en l’an de grâce 1634.
Juste avant de se jeter dans le fleuve, la rivière Saint-Maurice se sépare en trois et l’explorateur y installait ce comptoir de fourrures qui s’est développé au fil des siècles en misant principalement sur la sidérurgie et les pâtes et papiers.
Petit survol démographique? En 1663, on y trouve 462 habitants. En 1760, dans les années de guerre avec les Anglais, il n’y demeurent que 586 habitants. En 1815, avant la saignée des Patriotes, 2500 âmes. En 1871, dans le jeune Canada, 7570 personnes y vivent. Aujourd’hui, on compte 125,000 Trifluviens.
Vers la fin du siècle dernier (il y a une dizaine d’années...), Trois-Rivières n’en menait pas très large. Les soubresauts économiques encaissés par ses deux principales industries ont blessé la ville et laissé des traces. Mais la fierté et les manches relevées ont maté la déprime et redonné aux citoyens un nouveau souffle synchronisé avec l’arrivée du nouveau millénaire.
Une conversation avec Michel Jutras, directeur des Arts et de la Culture, fait ressortir deux éléments responsables de ce dynamisme dans la ville. Tout d’abord, une fusion réussie qui a permis d’intégrer harmonieusement les six municipalités entourant le Grand Trois-Rivières, sans avoir recours à l’implantation d’arrondissements. Puis, le refus de suivre la tendance lourde de l’étalement des installations culturelles.
Aujourd’hui, le centre-ville de Trois-Rivières est vivant. Outre un accès privilégié au fleuve majestueux que lui procure son parc portuaire, et on y retrouve les équipements culturels autour desquels s’est développé l’économie moderne. Trois-Rivières a un «night life» qui fait vibrer la ville.
De dire Michel Jutras. «...en vous promenant dans le centre-ville de Trois-Rivières, vous pourrez lire sur les murs des poèmes, visiter des musées ou des galeries d’art, voir des spectacles, entrer dans des lieux historiques ou prendre un moment de répit face au fleuve. En fait, Trois-Rivières permet tout, la ville est assez grande pour soutenir une masse critique d’artistes et assez petite pour que la convivialité soit continuellement au rendez-vous ».
En consultant le calendrier d’activités 2005 sur le site www.v3r.net, vous en aurez le vertige. De la Virée du Maire au Downtown Show, en passant par l’épluchette, la course de boîte à savon, le karting Petit Monaco, les marchés aux puces et de multiples manifestations ou festivités (plus d’une centaine !), j’attire votre attention sur les quatre événements majeurs suivants :
La Biennale internationale d'estampe contemporaine, du 12 juin au 4 septembre, à la Maison de la culture et autres lieux d'exposition.
L’Internationale de l’Art Vocal, du 2 au 9 juillet. Où le chant choral et autres facettes de l’expression vocale (jazz, gospel, etc) sauront séduire vos oreilles.
Le Grand Prix de Trois-Rivières, les 5, 6 et 7 août. Un événement qui n’a plus besoin de présentation et où les résultats sont moins prévisibles qu’en Formule 1. Des courses pour Formule Renault (V6 et 2000) avec vitesses de pointe dépassant les 275 km/h et la série Grand Am Cup, modelée sur la NASCAR.
Le Festival International de la Poésie, du 30 septembre au 9 octobre. La 21e édition de cette manifestation de la parole que Foglia visitait avec enthousiasme il y a quelques années. Un feu roulant de mots sur la rue, les murs et dans tous les bistros, bars et restos de la place. Paraîtrait-il que plusieurs amateurs et poètes du Plateau y défilent chaque année.
Depuis que Trois-Rivières a pris son virage culturel, elle y intègre TOUS ses résidents par une originale médiation entre le milieu des arts et les citoyens moins nantis.
Un réseau communautaire distribue gracieusement à sa clientèle les surplus de billets ou des entrées gratuites, combattant ainsi l’exclusion culturelle. Comme une sorte de Moisson Culturelle, me disait Michel Jutras, en pensant à Moisson Montréal. Une alimentation de l’esprit. Bien pensé!
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