Dimanche le 16 avril, 2000 |
Quand le plus talentueux de nos caricaturistes a réalisé une première fois l'extraordinaire amalgame du faciès de Stéphane Dion avec les traits d'un rat, nous avons tous rigolé bien sûr. Mais nous en avons également tiré une vive jouissance.
Et je ne parle pas que des péquistes indépendantistes souverainistes séparatistes de tout acabit. Les
partisans de la grande mer rouge libérale pan-canadienne se sont également tapé les cuisses. Allez! Avouez que vous vous êtes régalés de cette image hallucinante.
Tout comme vous avez esquissé un sourire de bonheur en
apercevant la photographie de cette tarte à la crème dégoulinant sur la figure du grand chevalier fédéral en visite au chic Resto-Pop.
Mais pourquoi ressentons-nous un tel soulagement devant ces (petits) malheurs qui chatouillent la superbe de l'expert-constitutionnel?
Y voyons-nous la vanité d'un paon écorchée par la perte de quelques plumes?
Y détectons-nous une fêlure dans la carapace du brillant stratège à qui nul ne peut clouer le bec?
Rappelez-vous la petite école. Le premier de classe toujours bien vêtu, toujours les bonnes réponses, les beaux bulletins et le reste. Mais aussi seul, en proie à tous les sarcasmes des cancres.
Premier de classe certes, mais toujours le dernier sélectionné dans le partage des équipes de sports collectifs. Le souffre-douleur qui allait brailler dans les jupes de sa maman. Stéphane Dion me rappelle beaucoup ce personnage de notre enfance.
Je ne peux le qualifier de mal-aimé puisque je ne connais personne qui aime Stéphane Dion. Même cette chère Hilda, une grand-mère farouchement fédéraliste, semble baisser les yeux et feindre la surdité lorsqu'elle entend le nom du ministre de la chicane constitutionnelle. Côté capital sympathie, on a déjà vu mieux!
Spécialiste pour allumer la rage péquiste, Stéphane Dion aura passé l'essentiel de sa carrière à incarner une espèce de Bonhomme Sept-Heures en mission spéciale pour faire peur aux enfants que nous ne sommes plus.
Pendant qu'il accumule les bourdes au Moyen-Orient, Jean Chrétien peut dormir tranquille : son beau Stéphane continue de nous les casser.
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