Vendredi le 17 juin, 2005 |
Jeudi matin, je sors du métro Mont-Royal et je marche vers l’est, en direction de mon lieu de travail. Je me sais en avance sur mon horaire habituel et, plutôt qu’aller à la Brûlerie Saint-Denis pour quérir mon double espresso et le croissant que j’apporterai au bureau, j’arrête, coin Mont-Royal et Mentana, et j’entre au 940, un resto qui offre le petit déjeuner.
Deux œufs, bacon, toast et café, me dis-je. J’ai le temps de ce petit luxe : rien de trop beau pour la classe ouvrière. J’entre donc au 940 jusqu’au comptoir d’accueil derrière lequel se trouve un jeune homme, belle gueule, la mi-vingtaine.
Pour être certain du temps qui me reste, je lui demande :
- Pourrais-tu me donner l’heure, s’il te plaît?
Sa réponse est la suivante :
- Eight thirty...
Je suis assommé raide. En plein cœur du Plateau.
Deux secondes et trois quart pour m’en remettre, j’ai rétorqué :
- La prochaine fois qu’un client te demandera l’heure en français, tu devrais faire l’effort de lui répondre dans sa langue. On est pas dans le West Island tout de même.
Et j’ai tourné les talons, je suis sorti du 940 et ramassé café et croissant à la Brûlerie où un monsieur d’origine chinoise m’a servi en français.
Me traiterez-vous de pur et dur... comme ils disent ?
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