Mardi le 18 juin, 2002 |
Qu’est-ce qui marche le plus au pays du QUÉBEC (faites un sursaut) ? L’humour bien sûr. Seuls les humoristes parviennent à remplir leurs salles et même ajouter des supplémentaires. Ici on aime la blague, la joke et la farce comme nulle part ailleurs. On a même une École de l’Humour pour alimenter nos scènes gourmandes de ces pros du rire.
C’est la seule explication qui me vient à l’esprit pour interpréter cette nette victoire de l’ADQ dans les quatre partielles. Au désabusement nettement senti envers les vieux partis, les Québécois se manifestent avec cette grosse farce-attrappe : «Si vous continuez à nous niaiser, on va élire Mario et ses écoliers comme prochain gouvernement. Tant qu’à rire, on va rire pour vrai!».
Lundi dernier, c’est à 45% que les électeurs ont poussé la joke. Me semble-t-il que les Landry et Charest ne la trouvent plus drôle et qu’ils devraient avoir compris. Devront-ils se lancer dans l’humour absurde?
Mario Dumont et sa bande d’ex-jeunes Libéraux vont en mener large au cours des prochains mois. Au cours de la récente campagne, leur thème principal a tourné autour du changement. Fini le lobbying, fini le favoritisme, clamaient-ils, se gardant bien de détailler et chiffrer les propositions de leur programme élaboré à la va-vite par des participants dénués d’expérience politique et de connaissances pragmatiques des finances publiques.
Mario Dumont et Marie Grégoire pour prendre les guides de la province! On aurait l’air fins! Et ne venez surtout pas comparer avec l'avènement du PQ en 1976. Le tandem de tête se nommait alors Lévesque-Parizeau. Méchante différence!
Manque d’argent? On coupe dans la fonction publique et sa sécurité d’emploi (en se foutant éperdument de ces nouveaux chômeurs).
Problèmes dans le système de santé? Médecine à deux vitesses en faisant payer ceux qui le peuvent et multiplions les cliniques privées payantes (comme si cette minorité permettraient de désengorger les urgences).
On paie trop d’impôts ? Allons-y pour le taux unique de taxation avec l’établissement d’un revenu minimum garanti (pour soulager les riches et très riches au détriment de la classe moyenne).
En éducation? On va donner des bons d’étude pour permettre à ceux qui le désirent d’envoyer leurs enfants dans les meilleures écoles (laissant ainsi la voie libre aux collèges privés pour mieux assécher l’école publique).
La chose vient de me frapper soudainement. Ne trouvez-vous pas que ces solutions simplistes et populaires ont un petit relent de créditisme? Voilà! Nous y sommes. L’ADQ, c’est le Crédit Social moderne! Réal et Camille sont crampés ben dur. Je vous le disais: l’humour nous va bien...
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