Mardi le 19 octobre, 2004 |
Le voilà de retour au gouvernail : le colonel Jean Lapierre est descendu du socle de la statue qu’on lui a érigé devant le bâtiment administratif des cols bleus de la ville Montréal. Il a toujours le poing bien levé et le maire Tremblay n’a qu’à bien se tenir. Les montréalais aussi d’ailleurs . . .
Sous le vocable des « Anciens Combattants », Jean Lapierre et sa bande reprennent du service à titre de conseillers de celui qui le remplace depuis 2003, un dénommé Michel Fontaine.
L’assemblée générale de ce dimanche, à laquelle participaient pas moins de 5,000 cols bleus, annonce des jours passablement fébriles dans les rues de Montréal. Outrés des décisions arbitrales rendues nécessaires par les fusions, décisions reconnues par la législation, les cols bleus rechignent. Avec raison, dois-je ajouter.
La nouvelle donne des relations déterminée par l’arbitre a donné lieu à des manifestations de joie dans les corridors de l’Hotel-de-Ville. Le maire Tremblay et son bras droit Zampino se retenaient pour ne pas partir une petite gigue la semaine dernière. Il faut dire aussi que leur droit de gérance n’existait pratiquement plus depuis quelques années tellement les cols bleus de Lapierre dominaient la situation.
Bénéficiant de la semaine de quatre jours depuis plusieurs années, les cols bleus devront PEUT-ËTRE y renoncer dans leurs prochaines négos avec leurs arrondissements. Je n’aimerais évidemment pas devoir renoncer à un tel avantage et cette réaction colérique des travailleurs est compréhensible. De nombreux autres avantages ont également été passés à la tronçonneuse par l’arbitre.
Ce qui est moins compréhensible, c’est l’appel à l’aide auquel a répondu le Colonel Bleu et ses sbires. Sont pas capables de s’organiser et de planifier leur lutte les cols bleus ? Pas capable de se passer de l’Homme Statufié ?
Les journalistes affectés à l’assemblée n’ont pas eu accès aux travailleurs à la sortie. Une « haie d’honneur » formée de tables et de bouncers empêchait les reporters de questionner les membres et obtenir leurs avis sur le conflit qui s’annonce. Est-ce un témoignage de la philosophie téléguidée du Colonel ?
Les travailleurs manuels de la ville de Montréal ont profité de conditions de travail exceptionnellement bonnes depuis plusieurs années et ils en ont même abusé. Est-ce une raison pour tout saborder dans ce régime et les ramener quinze ans en arrière Non, bien sûr.
Deux conditions essentielles pour la résolution du problème : que le maire et sa clique cessent de fanfaronner d’une part et que Jean Lapierre et ses sbires retournent à leur retraite dorée.
Laissons les négos d’arrondissement s’amorcer et les grèves (si nécessaires) remettront l’équilibre dans la partie. C’est, hélas, le prix à payer pour avoir la sainte kliss de paix.
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