Vendredi le 22 novembre, 2002 |
J’ai enfin pu visionner cette fameuse reprise de l’entrevue que Télé-Québec avait placée dans le frigo suite à l’injonction obtenue par Micheline Charest, la mal-aimée qui présidait CINAR au temps des prête-noms.
Richard Martineau n’a pas dérogé à son image de star des Francs-Tireurs : baveux, impoli, imbu de son omniscience et surtout bardé du permis de bafouer que lui confère son statut de journaliste à temps partiel.
Petite parenthèse pour vous citer cette phrase assassine que signait Stanley Péan (La Presse) l'an dernier pour décrire le Franc-Tireur : «Richard Martineau est au journalisme ce que son homonyme latin (Ricky Martin) est à la musique». Et vlan dans les dents!
Faut dire que cette première véritable entrevue avec Gilbert Rozon présentait beaucoup de viande autour de l’os du molosse: l’embauche récente de Micheline Charest, les jeunes hommes de m’sieur Trenet, l’incident indécent du Manoir Rouville, l’énorme montagne de fric générée par Juste pour rire, l’association avec Stéphane Bureau, etc.
Une heure complète assis sur le siège de la torture des Francs-Tireurs, c’est pas de la tarte. Gilbert Rozon s’en est tiré avec une classe impressionnante. Pas de faux-fuyant, pas de négation et surtout pas de cri à l’injustice.
Reconnaître les erreurs, les placer dans leur contexte, accorder une deuxième chance (à Micheline Charest), refuser le mépris automatique, apprécier les leçons données par une mer houleuse, tel fut l’essentiel de la prestation du grand promoteur de l’humour.
Garder son calme malgré les sparages incessants et les interruptions agressives de l’intervieweur, voilà qui relève d’un sang-froid remarquable.
Gilbert Rozon refait surface après quelques années en eaux troubles. Il le fait avec dignité, une certaine humilité (faut pas tout lui enlever quand même!) et surtout l’aveu qu’il n’est pas facile d’évoluer sur un fil de fer dans un environnement aussi complexe.
Plutôt que de lui lancer des grosses roches, j’aurais plutôt tendance à lui accorder cette fameuse deuxième chance et lui laisser l’occasion de nous faire profiter de son grand talent d’organisateur. En cas de récidive, il n’y a pas de troisième chance.
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