Mardi le 23 décembre, 2003 |
Ça fait pester mon ami Yussef de Mascouche! Dès que je nargue les banlieusards, et que je prononce le terrible mot fatidique : 450 (ça se dit quatre-cinq-zéro!). Faut dire que les occasions ne manquent guère pour se payer la tête de ceux et celles qui ont choisi de vivre dans leurs dortoirs à l’extérieur de l’Ile.
Le weekend dernier justement. Nous sommes une douzaine de courageux qui se rendent à Terrebonne pour célébrer le cinquantième anniversaire de ce cher Yussef dans le très achalandé resto Porto Vino du boulevard des Seigneurs.
En arrivant sur place vers les 17h.15, nous apprenons que l’établissement ne vend pas de... vino. Merde! Faut bien être dans le 450 pour baptiser son resto de la sorte, nous sommes-nous dit. Faudra donc se farcir de la piquette de dépanneur.
Mais non, mais non, nous assure le garçon de table. Il y a une bonne succursale de la SAQ à deux coins de rue. J’y vais donc avec Roger et nous nous heurtons à une porte close: ça ferme à 17 heures. Le garçon de table (un 450, c’est sûr!) ne savait donc pas que la succursale voisine de SON resto (qui ne vend pas de vin, je le rappelle) est fermée le samedi soir.
Sur le chemin du retour au Porto...Vino (grrr!), nous nous rabattons sur un dépanneur Couche-Tard pour la piquette. Je n’ai plus de cigarettes. J’en profite pour me procurer un paquet de Dunhill (c’est ma sorte depuis 15 ans). Le gars derrière le comptoir m’informe qu’il n’a jamais vu cette marque!
Hey! Tu me niaises-là? Il y a deux semaines, j’ai trouvé des Dunhill dans un dépanneur de Cap-aux-Meules, aux Iles-de-la-Madeleine (NDLR : code régional 418). J’veux bien croire qu’on est dans le 450 (la figure du préposé s’allonge...) mais on est dans un Couche-Tard, une multi-nationale qui vaut des centaines de millions, à moins de 25 milles de Montréal!
De retour avec la gang, est-il besoin de préciser que votre humble chroniqueur s’est fait un devoir d’en mettre et d’en remettre sur le dos du 450, cet étrange pays où l’unique loisir consiste à magasiner dans l’un ou l’autre des innombrables centres d’achats qui couvrent le territoire.
En traversant le pont Papineau-Leblanc pour réintégrer l’Ile, Roger et Caro ont très bien ressenti ce petit grésillement, ces petites étincelles électriques qui recommençaient à stimuler leurs neurones...
Tout ceci pour vous dire que cette joyeuse manie des Montréalais de se payer la tête des 450 devient endémique. Jusqu’aux comédiens des Contes Urbains auxquels j’assistais vendredi dernier: fallait entendre la salle se bidonner quand les personnages qui défilaient sur scène faisaient allusion à Laval.
Ma copine Chantal a quitté la ville pour s’installer à Lachenaie au début de septembre. Au début, les sarcasmes du 450 n’atteignaient point sa carapace, et ses ressources de montréalaise-pure-laine lui permettaient d’encaisser. Après trois mois de constat dans ce désert spirituel, elle songe sérieusement à revenir dans l’Ile. C’est pour vous dire!
Quoiqu’il en soit, je profite de cette fin de chronique pour vous souhaiter à tous, et à toutes, des festivités joyeuses avec les gens que vous aimez.
J’adresse spécialement ces souhaits sincères à tous les lecteurs et lectrices du 450 en y ajoutant cette lapalissade que vous connaissez tous: «Qui aime bien, châtie bien». |
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