Mercredi le 25 septembre, 2002 |
Lors de mon passage aux Iles-de-la-Madeleine en juin dernier, j’ai remarqué ce superbe trois-mâts qui mouillait dans le port de Cap-aux-Meules. Le SEDNA IV attendait alors les permis de Transport Canada pour « décoller » et entreprendre sa Mission Arctique.
La goélette a quitté le 9 juillet pour un périple peu ordinaire : de Cap-aux-Meules à Vancouver mais . . . par en haut ! La route du Nord-Ouest, au travers de ce désert blanc parsemé d’icebergs, de glaces flottantes (les bourguignons) et de multiples petits villages du peuple Inuit.
Le SEDNA est un voilier, pas un brise-glace. Ce qui rend sa mission davantage périlleuse pour les 17 membres d’équipage. Qui plus est, ce bateau est un véritable studio de cinéma, équipé d’instruments techniques des plus modernes qui lui permettront de rapporter des images et témoignages hors de l’ordinaire.
Les scientifiques nous préviennent que l’arctique se veut le point du globe le plus menacé par le réchauffement de la planète et l’équipe du SEDNA veut justement en témoigner. Un Cousteau des temps modernes avec de réelles bases scientifiques.
Je vous invite fortement à vous joindre à cet équipage canadien (très majoritairement québécois) en visitant le site www.onf.ca/sedna
Vous pourrez même vous inscrire (gratuitement) pour recevoir par courriel le journal de bord du chef de mission Jean Lemire qui manie fort bien la plume. Jugez-en par vous même à partir de cet extrait qui dévoile la technique spéciale pour déceler les icebergs et autres obstacles dans la brume épaisse :
« La première journée s'est déroulée dans un intense brouillard qui nous apassablement ralentis. Le brouillard est fréquent sur la côte du Labrador à cette période de l'année, car les écarts de température considérables entre l'air et la mer provoquent de la condensation, comme celle qu'on retrouve dans notre salle de bain après une douche bien chaude.
" On distingue le brouillard de la brume par sa densité et surtout la visibilité qu'il nous laisse, soit un demi-mille marin ou moins (1km). Par moment, on ne voyait qu'à 200 m devant.
Inutile de dire que les risques de collision avec les icebergs sont élevés. Pour assurer un repérage efficace des glaçons flottants, en plus du radar qui repère les plus gros, une vigie armée d'une radio VHF est postée à la proue du bateau.
À tour de rôle, les membres de l'équipage prennent des quarts de 2 heures, emmitouflés dans une combinaison Mustang, un habit isothermique qui isole du froid et de l'humidité, de couleur orange bien voyante en cas de chute à la mer.
Chacun trouve sa façon de rester alerte : en chantant, en écoutant de la musique ou en faisant de l'exercice. L'important, c'est de garder les yeux bien ouverts afin de distinguer des masses blanches au raz de l'eau : les bourguignons.
Ces derniers sont les plus dangereux. Ce sont des morceaux d'iceberg tombés à la mer et arrondis par l'action des vagues. Ils sont plus petits mais très durs, et surtout, ils échappent au radar. Notre système est efficace et ça fait du bien à tout le monde d'aller mettre le nez dehors et de profiter des vertus de l'air salin. »
Allez y faire votre tour et inscrivez-vous. Des centaines de photos, de vidéos, la présentation de chaque membre de l’équipage (équipe ciné, équipe internet, capitaine et marins, plongeurs, la doc, le chef de cuisine, la prof pour les écoles). Une maudite belle gang de malades qui ont tout lâché pour faire le trip de leur vie. Accompagnez-les sur le toit de la terre en pianotant votre clavier sans risque de naufrage . . .
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