Jeudi le 26 mai, 2005 |
En mettant les pieds dans ce temple du houblon, on peut y voir une véritable relique : une superbe photo illustrant l’inauguration des lieux par les ancêtres de Robert Laperrière. Les mines réjouies semblent également célébrer la fin toute récente de la Deuxième Guerre Mondiale. Histoire de trois générations dédiées au service du liquide blond.
À l’intersection de l’Avenue Mont-Royal et de la rue de Lorimier, c’est le Café Théo qui amorçait l’histoire de cet immeuble en 1907. Les années passent, une Première Guerre, puis une Deuxième qui se termine alors que Majorique Laperrière en fait l’acquisition en 1944 pour y imprimer définitivement le nom de la famille.
Raymond Laperrière prend la relève au décès de son père en 1952. Déjà familier avec l’entreprise (on peut le voir sur la relique), il connaîtra les heures glorieuses de la « Taverne du coin » où seuls les mâles avaient droit d’entrée pendant que les Canadiens alignaient les Coupes Stanley.
Robert Laperrière garde toujours en mémoire les années de son enfance où une section de l’avenue était réservée aux piétons (tiens, tiens !) et aux tramways. Il se souvient également des trottoirs en bois et de l’effervescence qui animait l’Avenue.
À peine sorti de l’École des Hautes Études Commerciales, le fils du tavernier ne peut que constater le décès de son père. Appuyant la courte relève de sa mère, il prend par la suite les guides de l’entreprise qu’il dirige depuis 1970.
C’est donc sous sa gouverne que l’impensable s’est produit : fini le monopole des mâles, les femmes font leur entrée à la Taverne Laperrière en 1981 ! Une intrusion qui ne s’est faite que progressivement et qui, aujourd’hui, représente approximativement le tiers de la clientèle en soirée.
Quand on lui parle de compétition, Robert Laperrière ne rechigne pas. Il parle plutôt d’ambiances différentes et d’une clientèle régulière mais également mobile, qui n’hésite pas à se promener d’une place à l’autre. Existent toujours quelques « piliers de taverne » dont la fidélité se manifeste principalement durant la journée. Pour le 5 à 7 et la soirée, la Taverne Laperrière se veut surtout un endroit où les gens du coin viennent siroter une bière à prix populaire. Très peu de 4-5-0 dans la place.
Modernité oblige, les pompes offrent le houblon des micro-brasseries et on y sélectionne certaines productions importées. Billard à l’arrière et de larges fenêtres qui s’ouvrent avec la chaleur.
Robert Laperrière, un tenancier qui a su mener sa barque pendant plus d’une trentaine d’années et qui affiche avec la même fierté le nom de sa famille.
En rafale . . .
SON disque : Sargeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles
SON film : Le Parrain (le tout premier)
Il tirait bien son épingle du jeu comme défenseur au hockey
Il déteste perdre du temps à chercher un document
Il trouve la détente dans un gym, sur une piste de ski ou une allée de golf
Il n’aurait pas détesté être camionneur sur de longues distances
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