Mardi le 29 mars, 2005 |
La rencontre entre Carole Bourassa, une montréalaise infirmière en soins palliatifs, et Isabelle Landry, une baie-comoise travailleuse sociale, toutes deux fanas de bouffe italienne, ça donne le Diabolissimo, «là où les marmites du diable cèdent la place à la cuisine des anges».
En octobre 2004, le Diabolissimo soufflait sa dixième chandelle. Carole Bourassa et Isabelle Landry évoquent l’engourdissement qui frappait l’artère au début des années 90. C’est un concours lancé par la SIDAC locale qui les a allumées pour monter et présenter un plan d’affaires qu’elles ont mis en application en 1994, après avoir atteint les finales de la compétition.
Sourire dans les yeux derrière ses bésicles cernées or, Carole Bourassa exprime sa fierté d’avoir survécu à ces années difficiles. Elle se souvient très bien de l’analyse serrée des 400 questionnaires complétés par les résidants du voisinage pour exprimer leurs véritables désirs alimentaires.
Ressentant les premières manifestations du cocooning, les deux associées ont dès lors déterminé l’orientation principale de Diabolissimo : traiteur-maison d’assiettes italiennes. Maison, parce que Diabolissimo ne se déplace pas. On vient y chercher des plats cuisinés par l’équipe d’Isabelle Landry, ou encore des repas complets (quatre ou cinq services) qu’il suffit de réchauffer une fois revenus dans votre cocon.
À l’origine, Carole et Isabelle ont embauché de jeunes chefs diplômés de l’Institut de Tourisme et d’Hotellerie (ITHQ) pour diriger les fourneaux du Diabolissimo. La fibre artistique d’Isabelle Landry s’est développée au fil des années pour finalement lui permettre d’assumer pleinement la direction et l’orientation de cette cuisine qu’on dit... des anges.
Lors de ma visite, pour les menus de la Saint-Valentin, l’artiste culinaire avait concocté des canellonis au canard confit, un osso-buco au safran, un roulé de lasagne au lapin dans une sauce au vin rouge, agneau confit sur pomme de terre. De quoi déboussoler tout épicurien qui s’y aventure...
Outres ses diverses sauces, pâtes et pestos en produits-maison, Diabolissimo offre également des gourmandises italiennes sélectionnées chez d’autres fournisseurs : olives farcies, charcuteries, fromages, huiles et vinaigres fins.
Quelques desserts aussi (tartuffo et tiramitsu), sans oublier le chouchou de la place : le café illy et ses variantes, comprenant une collection de tasses dont certaines furent dessinées par des célébrités (Coppola, Fellini …).
Carole Bourassa est toujours assistante-infirmière-chef (de nuit, insiste-t-elle) dans un hôpital du nord de la ville. Son horaire réduit lui permet d’assurer l’administration générale et les communications de Diabolissimo, pendant qu’Isabelle Landry dirige son équipe (7 employées) qui apprête hebdomadairement 150 kilos de pâtes, 50 kilos de tortellinis, 200 litres de sauces et 30 kilos de pestos.
Deux copines, une passion italienne et le sens des affaires : l’histoire de Diabolissimo.
En rafales...
En musique, faites-lui entendre Joni Mitchell et vous la comblerez.
Au cinéma, elle aimait bien Pedro Almodovar, mais il a changé.
Les personnes qui changent de discours après avoir chuchoté: elle déteste!
Un repas grandiose et surprenant: c’est le bonheur!
Elle prétend avoir été redoutable au badminton.
|
| |
|