Jeudi le 03 novembre, 2005 |
Comme la plupart d’entre vous, j’ai toujours aimé cet homme. Dans la jungle médiatique montréalaise du hockey, son attitude générale, sa bonhomie, sa franchise, son humilité (ô rareté), son amour indéfectible et incontestable des boys qu’il dirigeait, tout ça commandait un respect du personnage public.
Je n’ai évidemment pas lu le bouquin qui vient d’envahir les librairies et qui, principalement, dévoile le combat qu’il mène depuis des décennies pour camoufler son très grand handicap avec les lettres, les mots, les phrases et l’écriture en général. Analphabète nous dit le Petit Robert.
Monsieur Demers gagne aujourd’hui sa croûte comme analyste et commentateur de hockey sur le réseau RDS avec, si je ne m’abuse, une chronique occasionnelle ou régulière dans un quotidien. Tout le monde aura compris que ses commentaires écrits sont dictés verbalement à un scribe qui se charge de les transposer en textes écrits.
Pouvez-vous imaginer le parcours de cet homme handicapé pour passer de la livraison de liqueurs à coach chez les amateurs (oui ça se peut), à instructeur dans la Ligue Nationale de Hockey, à directeur gérant dans la même ligue, puis, une fois la semi-retraite amorcée, à commentateur attitré sur un réseau national de télé?
Tous les gens qu’il a côtoyés régulièrement depuis son arrivée sur la scène publique demeurent bouche bée. Personne n’avait remarqué ou même douté de la chose. Collègues, patrons, joueurs, journalistes, amateurs, amis proches (même ses filles) n’y ont vu que du feu. Il vient de nous les scier à ras les genoux.
Et cet aveu courageux (il aurait pu n’en jamais rien dire) me fait réaliser que cet homme est doté d’une intelligence peu commune qui commande notre admiration. Le capital sympathie naturel qu’avait gagné ce bonhomme « ordinaire » n’en est qu’amplifié. Extraordinaire, devrais-je écrire.
Je pense aussi à l’immense soulagement qu’il doit forcément ressentir depuis mercredi et à ces tonnes pesantes dont viennent de se libérer ses épaules.
Monsieur Jacques Demers, vous êtes un héros. Un vrai. Et je vous aime.
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