Vendredi le 03 septembre, 2004 |
Il était disparu de la planète médiatique depuis cet ACV qui le foudroyait il y a quelques mois. Nous l’avons revu hier lors du lancement de cette première partie d’une biographie couvrant sa naissance jusqu’à l’époque de la Piaf.
Et pour mon plus grand plaisir, les deux Paul lui ont soutiré des entrevues émouvantes. Paul Toutant pour la SRC, et Paul Arcand pour le concurrent. Les deux fois, Claude Léveillée m’a renversé par sa force d’homme, son courage et ses sourires francs, malgré l’épreuve ou l’outrage que l’existence lui fait subir.
Je croyais halluciner auditivement lorsque cet homme a parlé de l’instant précis où l’attaque est survenue. Croyez-le ou non, il a éclaté de rire en dévoilant une anecdote complètement flyée du drame qu’il a vécu en pleine représentation de son spectacle.
Ne sentant plus sa main gauche réagir et son corps défaillir, il s’est laissé glissé doucement le long de son piano, en proie à des interrogations assez troublantes, merci! Qu’est-ce qui m’arrive?
Il a saisi une patte du piano de sa main droite et, une fois étendu sur le plancher de la scène, il se rappelle les mines «patibulaires» des spectateurs surpris ou horrifiés par ce qu’ils voyaient.
Et là! Vous savez, ces petits minous de poussières accumulées? Il y en avait un qui se dandinait devant sa figure et l’agaçait royalement. Avec le peu de souffle qu’il lui restait, il a tenté de le repousser à plusieurs reprises, sans succès, jusqu’à ce que l’ennemi en question lui rentre dans la narine, pour son plus grand malheur.
Le tout raconté avec un large sourire. J’étais soufflé, si vous me permettez ce jeu de mots facile.
Claude Léveillée devra mener un très dur combat dans les mois et années qui viennent. Pour cet homme de mots, l’articulation demeure légèrement déficiente mais la mémoire et l’intelligence sont intactes. Pour les sons, la main gauche est toujours en bandoulière et reprendra sûrement du tonus.
Son souhait le plus cher : retrouver l’usage de sa jambe gauche pour se déplacer dans sa maison (au début) et peut-être se rendre dans la forêt tout près de chez lui (plus tard).
Je compte bien me procurer ce livre relatant la première moitié de sa vie. Il avouait avec un (autre) large sourire qu’il a fait l’amour pour la première fois de sa vie à 28 ans.
Sur la femme idéale, il mentionne qu’elle sait se taire et comprendre l’autre. Des qualités également applicables à l’homme idéal, s’empresse-t-il d’ajouter. Des qualités, dois-je ajouter, que nous devrions tous et toutes adopter dans nos comportements amoureux. Non?
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