Mercredi le 04 avril, 2001 |
Quelqu’un pourrait-il me dire pourquoi je devrais m’offusquer de la liste noire d’invités imposée par Robert Lepage à sa dernière conférence de presse ?
Les trois principaux critiques frappés de l’interdit sont eux-mêmes des vedettes à leur façon dans le milieu montréalais du showbiz. Grosse plume, gros pouvoir, gros lectorat et, peut-être, gros ego . . .
Vous organisez une conférence de presse pour votre prochaine prestation théâtrale. Franchement, inviteriez-vous des types qui vous ont charcuté et qui n’attendent que l’occaze pour récidiver ? Ils le feront de toute façon.
Absolument rien n’empêchera ces journalistes d’écrire ce qu’ils veulent après avoir assisté à La face cachée de la Lune. Ils pourraient même l’encenser s’ils le désirent. C’est pour vous dire.
L’erreur de Robert Lepage fut de faire biffer des noms sur une liste d’invités plutôt que d’expédier une liste déjà épurée. Mais, à bien y penser, était-ce vraiment une erreur ou un calcul pour magnifier une petite revanche personnelle ? Permettez-m’en une facile : seul son coiffeur le sait.
Le génie créateur vient de Québec et cache mal son malaise avec Montréal. Et puis ? Ce ne sont pas les Montréalais du grand public qui l’horripilent. C’est le milieu et la relation souvent incestueuse qui s’installe entre le médium et les artistes. Pour ça, avouez qu’il marque un point.
Offrez-vous donc sa prochaine folie, sans vous faire guider par la critique, bonne ou mauvaise. Vous aimerez, vous détesterez ou vous serez tiède. Mais VOUS aurez réagi.
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