Jeudi le 05 mai, 2005 |
Le chroniqueur est debout dans l’autobus 45 Papineau, direction nord. Autobus bondé de l’heure de pointe. Il se concentre, les yeux fermés, sur la chanson que ses écouteurs lui transmettent : la sublime Saskatchewan du groupe Les Trois Accords.
J’adore cette chanson. Sa simplicité, son innocence et l’humour qui s’en dégage lorsque le cowboy cocufié déclare que ses vaches ne lui parlent plus et que son cheval lui dit TU. C’est du bonbon pour mes oreilles. Le long premier couplet (le seul d’ailleurs) qui se prolonge jusqu’à ce coup de baguette sec et l’amorce du refrain : TAC! SAS-KAT-CHEWAN!
Vous me voyez venir? J’étais dans ma bulle et soudain je me mets à hurler SAS KAT CHEWAN à plein poumons en me dandinant tout croche comme l’adolescent que j’aime bien réincarner à l’occasion dans l’intimité de mon salon.
Mais je ne suis pas seul dans mon salon. Je suis dans la 45 Papineau à l’heure de pointe! Une fraction de seconde pour réaliser ma gaffe et un bref coup d’œil aux alentours pour réaliser que tous les passagers me regardent, les uns avec le sourire moqueur, les autres avec un air craintif, l’air de dire: c’est qui ce grand mongol-là ?
Dans la fraction de seconde suivante, je sens une chaleur monter le long de ma nuque et l’afflux sanguin qui vient me rendre la face écarlate.
Avoir l’air fou, vous dites? Pas juste un ti-peu...
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