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| La fameuse "clique" du Plateau |
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Mercredi le 05 mai, 2010 |
Allons aux sources, me suis-je dit, en commençant la recherche sur ce thème, ô combien délicat, dans le quartier. Direction le Petit Robert qui nous indique que la clique … n.f. de l’ancien français cliquer « faire du bruit ». Coterie, bande, cabale, groupe de personnes peu estimables. Politiquement : groupe d’intérêts. Pas très flatteur comme début, vous l’admettrez …
Il semblerait que l’expression « clique du Plateau » ait été utilisée la première fois au début des années 2000 par Jeff Fillion, l’ex-pape de la radio-poubelle dans la ville de Québec que plusieurs scribes montréalais aiment bien baptiser le Gros Village, ce qui fait un peu revanchard, vous l’admettrez …
En étant plus sérieux, on lira sur WilkipédiA que l’expression est utilisée « pour décrire une élite, une intelligentsia, réelle ou fictive, composée de gens qui auraient une influence importante sur la culture et les médias de l’ensemble du Québec à partir de la ville de Montréal, et plus précisément de l’un de ses quartiers, le Plateau Mont-Royal, où résident plusieurs artistes. »
Poursuivons avec WilkipédiA : « La clique du Plateau est souvent accusée d’être associée à la gauche politique et au socialisme, et elle est considérée comme réfractaire aux idéologies centristes ou droitistes, notamment celle de l’Action Démocratique. On l’associe parfois au Parti Québécois et à l’idéologie souverainiste. »
Bon. Ça va suffire pour la rhétorique. En termes clairs, on semble croire que la sur-représentation des artistes dans le Plateau se répercute également au niveau décisionnel des médias, voire dans les sphères politiques où leur influence serait disproportionnée. On sent ici une nette exagération, vous l’admettrez encore une fois ….
La poussée des médias de la Vieille Capitale a évidemment donné lieu à de nombreuses blagues et « picossages » sur le dos des gens du Plateau dont ce vidéo (lien : http://www.youtube.com/watch?v=hgSI0IBxwJQ ) caricatural d’un dénommé Philippe Saint-Jean exposant la chanson J’aimerais faire partie d’la Clique du Plateau et ses préjugés bon enfant qui s’en prennent aux gens qui « se promènent le nez en l’air avec du linge en coton bio ». Et des rimes drôles aussi comme pour ces trois exigences pour faire partie de la Clique du Plateau :
Connaître le répertoire de cinéma
Ne jamais regarder TVA
Et cracher sur les meubles ikéa
L’expression a également donné lieu à l’éruption d’un blogue, justement nommé La Clique du Plateau, où l’auteur se livre quotidiennement à des moqueries et sarcasmes sur à peu près tous les artistes du bottin de l’UDA. Les artistes semblent tous des crétins pour ce critique impitoyable qui peut quand même, à l’occasion, remettre les choses en perspectives en se moquant de lui-même, tout en conservant son anonymat. Son compte-rendu hebdomadaire de l’émission Tout le monde en parle fait le délice de nombreux internautes et ne manque jamais d’interpeller le capitaine Guy A. Lepage , un des supposés grand patrons de la vraie Clique du Plateau.
Il est vrai que la colonie artistique québécoise est fortement représentée dans le Plateau. Mais d’autres quartiers de Montréal ont aussi leur lot d’artistes. Pensons à Outremont par exemple qui reçoit plusieurs artistes, mais aussi plusieurs « vrais » décideurs politiques et d’affaires. Pourtant, cet arrondissement n’essuie pas les mêmes sarcasmes dans le gros Village. Avec sa population de 101,000 résidants, l’arrondissement Plateau Mont-Royal est moins populeux que Trois-Rivières (126,000) mais plus que Drummondville (67,000). Et sa proximité avec les principales voies médiatiques télévisuelles (Radio-Canada, TVA, Télé-Québec) lui confère une attirance certaine pour les artistes s’y produisant.
Pourriez-vous me dire quel artiste désirant « être vu » à la télé déciderait de s’installer à Québec (à moins de s’appeler Robert Lepage), Chicoutimi ou Val d’Or ? Poser la question, c’est y répondre. Cette clique si enviée (ou honnie) me semble davantage correspondre à la région montréalaise qui, forcément par le nombre, regroupe davantage de décideurs culturels.
Pour le politique, on parle d’autres choses. Les gens du Plateau ne semblent guère reluquer le pouvoir. Aucun conservateur n’y a jamais été élu. Les libéraux fédéraux comme provinciaux y perdent leur temps. Et depuis peu, l’équipe du maire Tremblay n’a pu que constater le raz-de-marée d’une opposition Projet Montréal. Une originalité certaine dans ce quartier branché où l’ADQ (!!!) de Mario Dumont n’a pu obtenir … que le cinquième rang. Il y a quelque chose de spécial dans le Plateau, certes. Mais je qualifierais cette chose d’influente plutôt que décisionnelle. Nous devrions nous réjouir que la richesse des idées puisse avoir droit de passage dans les méandres du pouvoir décisionnel.
Et cette autre qualité « platéenne » : la fertilité du quartier pour la relève et la culture marginale. Vous savez, ces artistes formidables qui peinent à payer leurs mensualités. Vous croyez que ces marginaux influencent les bonzes ? Non, mais ils le feront dans quelques années, n’en doutez point !
Les scribes montréalais actuellement populaires (je pense à Patrick Lagacé et Richard Martineau entre autres) aiment bien nier l’existence de la Clique du Plateau et en expliquer la popularité médiatique par l’éternelle chicane Montréal-Québec. Je suis tenté de conclure de la même façon parce qu’il ne faut pas confondre la ville de Québec avec les régions du Québec. Il n’existe pas beaucoup d’animosité entre Montréal, son Plateau et les régions : nous en sommes peuplés ! Dixit Pierre Lebeau en entrevue : « C’est étrange mais, moi le Montréalais pure laine, dans mes connaissances du milieu artistique, j’ai l’impression qu’il y a plus de gens arrivés de l’extérieur que de natifs d’ici comme moi. C’est pas scientifique mais faudrait vérifier ».
Et je conclue par ces mots de Zoreilles, une belle amie d’Abitibi :
« Juste pour l'anecdote, ici à Rouyn-Noranda, le secteur de la ville où j'ai grandi s'est transformé au fil des années pour regrouper plusieurs points d'intérêt, restos et bistrots branchés, le Cabaret de la dernière chance, haut lieu de la musique émergente où Richard Desjardins vient souvent prendre sa bière et parfois essayer des nouvelles tounes, le P'tit théâtre du Vieux Noranda, la boutique du fameux boulanger-écrivain-polémiste Léandre Bergeron, le Centre des Congrès, le célèbre Twin Kiss, la meilleure poutine au monde chez Morasse (apparemment) qui avoisine le non moins célèbre D'ici et d'ailleurs, etc.
Ici, ce quartier s'appelle maintenant « Le p'tit Plateau »!!!
J’ajouterai : quel beau clin d’œil !
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Et oui, j'ai maintenant mon blogue sur
crocomickey.blogspot.com
et j'adoooooore y lire vos commentaires 
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