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Braver la tempête
 

Vendredi le 07 mars, 2008


Je vous parle d’un temps
Que les moins de 20 ans
Ne peuvent pas connaître
(Charles Aznavour)

En intro pour ma chronique d’aujourd’hui, je reprendrais les paroles du grand Charles mais en changeant le chiffre 20 par le chiffre 40, ce qui pourrait intriguer quelques lecteurs ou lectrices. Il faut donc avoir clanché la quarantaine depuis quelques années pour avoir dans la mémoire vive des traces de cette fameuse tempête du siècle qui avait couvert le Québec de quelques pieds de neige au début du mois de mars 1971.

J’étais arrivé à Montréal depuis à peine six mois pour mes études collégiales. Chambreur chez tante Jacqueline, oncle John et mes deux jeunes cousins Phil et Patrick. J’aimais bien la ville (je l’adorais même) mais à toutes les deux semaines, je retournais voir mes parents et mes soeurs à Labelle dans les Laurentides. Trois grosses heures d’autobus Voyageur le vendredi soir et trois autres le dimanche soir pour revenir à MON tréal.

Étrangement, mes souvenirs de cette fameuse tempête sont plutôt flous en ce qui concerne la grande ville. Du blanc de blanc, bien sûr. Le collège fermé. La circulation minimale dans les rues. Non je n’ai pas vu les motoneiges. Mais ... me croirez-vous, malgré ce chiard incroyable, je suis bravement retourné à Labelle pour carrément épater les miens, au grand dam de ma tante montréalaise.

Oubliez Voyageur et ses autobus totalement inutiles. En fin d’avant-midi, pack sac sur le dos et guitare dans l’étui, j’ai pris le métro pour débarquer à la gare Windsor dans l’ouest, acheté un billet pour le Petit Train du Nord qui terminait son périple à ... Labelle. Délais et attentes, assis par terre dans un racoin de la grande salle à gratter les mêmes accords des deux mêmes tounes des Beatles que je connaissais.

Début de soirée, je peux enfin embarquer dans le kriss de train, juste avant que ma patience proverbiale me fasse perdre tous mes moyens. C’est le bordel total dans le wagon où j’aboutis. Plein d’étudiants euphoriques, plusieurs ivres et la totalité enclins à fêter le départ inespéré de la locomotive.

Une chorale incroyable. La musique en gros jam majuscule. Bien sûr que j’ai sorti ma Norman B30 et bien sûr que je n’ai PAS joué, préférant la laisser à quelqu’un qui savait en tirer quelque chose de potable. Mais j’ai chanté-hurlé en ... tabouaire pour être poli avec vous.

On a perdu des joueurs à Sainte-Thérèse, Saint-Jérôme, Sainte-Adèle et Sainte-Agathe. J’avais presque perdu la voix quand le train s’est arrêté à Labelle peu avant minuit. Je me souviens très bien que j’étais l’unique et dernier passager dans mon wagon.

Accueilli comme un véritable héros par les miens, je suis revenu trois jours plus tard à Montréal en autobus pour reprendre ce beat urbain que j’affectionne toujours trente-huit années plus tard. Pour un ti-cul de 18 ans avec six petits mois d'expérience urbaine, ce fut une authentique ... épopée.



Et oui, j'ai maintenant mon blogue sur
crocomickey.blogspot.com
et j'adoooooore y lire vos commentaires

 
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