Samedi le 08 octobre, 2005 |
Même s’il ne siège pas à l’Assemblée Nationale, il faut commencer à croire qu’André Boisclair fait réellement peur aux forces fédéralistes. Après Pratte sur la coco, voici Gagnon sur la fausse représentation : les penseurs de La Presse font flèche de tous bois pour discréditer celui qui vogue vers une éclatante victoire à la chefferie du Parti québécois.
Dans une autre vie, Lysianne Gagnon était une star dans la jungle journalistique. Que ce soit en politique, en culture ou dans l’art de vivre, ses textes étaient mordants, allègres et parfois magiques comme la chose arrive parfois aux très grands scribes.
Je me rappelle d’un papier formidable sur les Montréalais, où son amour des gens de cette ville exhalait de chaque phrase. On reconnaît les Montréalais, disait-elle, à leur façon de traverser les rues ailleurs qu’aux intersections, même en lisant leur journal, avec un espèce de sixième sens ou un radar interne pour détecter les dangers motorisés. C’était la Lysianne des belles années.
Hélas, les années et, probablement l’embourgeoisement, ont eu raison de cette belle et intelligente folle des années 70 et 80. Cette colonne semi-éditoriale dans le quotidien de la rue Saint-Jacques ne s’acquiert qu’au détriment de la liberté de pensée et par un alignement indéfectible sur l’autoroute fédérale de la direction.
Il y a bien quelques textes volatils ici et là, ou des cartes postales de voyages occasionnels pour enrober le tout et maquiller l’orientation toute canadienne de ses propos. Mais le fond demeure et la belle bourgeoise poursuit son travail de sape en sourdine.
Vous avez remarqué les six petites lignes d’excuses de la direction suite à sa chronique du 6 octobre sur le faux diplôme du candidat Boisclair. J’imagine l’effort cérébral de la direction pour trouver l’expression suave qu’elle regrettait d’avoir pu « laisser entendre » qu’il y avait fausse représentation. Le tout noyé au milieu de la Boîte aux Lettres des lecteurs. Faut le faire!
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