Vendredi le 08 juillet, 2005 |
Jacques Preschoux est débarqué au Québec en 1982 pour y cueillir des pommes, pendant que des Québécois faisaient les vendanges de l’autre côté de l’Atlantique pour compléter l’échange culturel. Revenu dans sa Bretagne, il n’a mis que trois mois pour revenir ici et y rester pour de bon. Les Co’Pains d’abord, c’est son bébé.
Pour une pâtisserie-boulangerie-café, vous avouerez que c’est un nom génial : Les Co’Pains d’abord. Honnête, Jacques Preschoux reconnaît qu’il doit ce flash à un ami (et à Brassens, bien sûr).
Cette appellation se reflète dans le décor et l’atmosphère des lieux dont le mur principal présente des laminés noir et blanc d’artistes de la francophonie (Rivard, Desjardins, Ferré Reggiani, Félix et autres géants). Et comme pour me faire plonger résolument dans cet air franchouillard, c’est la voix de Renaud qui m’accueillait à l’arrivée…
Tinténiac en Bretagne. Petit bled qui enveloppe l’enfance de Jacques Preschoux sur la ferme laitière des parents. À son arrivée définitive au Québec, l’aventurier devant tout de même gagner un peu sa croûte, ses connaissances en pâtisserie lui permettent de travailler à gauche et à droite et de compléter des équivalences scolaires en cours du soir.
Une dizaine d’années un peu folles, jusqu’à l’ouverture de la... Pomme de Pain en 1995 avec un associé à qui il vendra ses parts en 1999, pour ouvrir Les Co’Pains d’abord dans l’ancien local du Chaînon, au 1965 de l’avenue du Mont-Royal.
Questionné sur cette tendance vers la pâte et la boulange, Jacques Preschoux se remémore facilement les divines odeurs perçues lors des visites familiales chez le boulanger du village après la messe du dimanche.
Donnez-nous notre pain quotidien disait le Pater Noster. La clientèle est évidemment locale aux Co’Pains d’abord. Mais la quinzaine d’employés, répartis sur deux horaires, servent également des gens de l’extérieur du quartier qui s’y sont aventurés une première fois via le bouche-à-oreille. Les spécialités du weekend n'y sont pas étrangères et je vous les divulgue à l’instant :
Le gâteau breton nature, framboise ou abricot, un sablé au pur beurre.
Le kouing aman, autre spécialité bretonne qui se veut une pâte à pain au beurre et sucre souvent pliée et repliée pour devenir un feuilleté sans pareil.
Le farz breton, un flan de pruneau macéré au rhum, apprécié par les experts.
Outre les 22 variétés de pain, d’autres gâteries ornent les étals : des croissants feuilletés au beurre, de généreux et vrais chaussons aux pommes qui reçoivent les éloges, un pain cacao-canneberge très populaire et d’autres gourmandises.
Jacques Preschoux n’a presque rien perdu de son accent d’outre-mer et cette musique résonne bien dans la conversation d’un québécois très sympathique, un peu timide, mais qui sait fichtrement où il s’en va.
Confidence de chroniqueur : ce croissant matinal bourré de fromage pour $1.40, vous ne trouverez pas pareille aubaine dans toute l’Île de Montréal.
En rafales...
En musique, vous faites tourner Renaud et le voilà heureux
Il a beaucoup aimé Million Dollar Baby de Clint Eastwood
Le mensonge perpétuel des politiciens l’agacent fortement
Le plaisir : un arrêt dans un café sympa avec Elle
Jeune sportif, il pouvait sauter sa grandeur en hauteur
Élevé sur une ferme laitière, il aurait su apprécier l’élevage des animaux
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