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Claude Patenaude: l'homme
qui ne prendra jamais sa retraite
 

Jeudi le 09 juin, 2005




Claude Patenaude n’avait que huit ans quand la Rôtisserie Ty-Coq prenait sa place sur l’avenue Mont-Royal au tout début des années 50. Il en a acquis la moitié des parts l’année de ses 24 ans et il affirme aujourd’hui, à 62 berges, qu’il ne prendra jamais sa retraite...

Malgré cette longue présence dans le Plateau, le doyen des restaurateurs de l’avenue, qui a racheté les parts de son associée Madeleine David décédée en 1996, n’a pas vraiment souffert des creux économiques ou commerciaux qu’a connu le secteur durant cette période. Il attribue son succès au travail, bien sûr, mais aussi à la chance, de même qu’à l’action énergique de la Société de Développement de l’Avenue Mont-Royal (SDAMR) qui a ramé fort au moment opportun.

Claude Patenaude a acquis sa rôtisserie «l’année de l’Expo», celle qui déclenchait le rayonnement de Montréal, le prélude aux Expos du baseball et aux Olympiques de 1976. Au cours de ces années folles, un phénomène prenait naissance dans la ville : le pèlerinage des autobus jaunes arrivant des régions.

Après avoir mené leurs passagers dans les grands studios de Radio-Canada ou Télé-Métropole pour l’enregistrement d’émissions populaires de l’époque (Boubou, les Tannants et autres quotidiennes fort prisées), les fameux autobus jaunes rappliquaient vers le Théâtre des Variétés et ses vedettes du burlesque. Par sa proximité, Ty-Coq est alors devenu un arrêt obligatoire de ces joyeuses virées. Une véritable manne qui s’est étirée jusqu’au début des années 90, reconnaît Claude Patenaude. La rôtisserie devait même fermer trois semaines l’été afin de permettre au personnel de récupérer.

Le restaurateur me rappelle que le poulet se veut l’aliment le plus en demande en Amérique du Nord : même MacDo et Burger King ont dû s’y résoudre. Le menu standard et complet de Ty-Coq n’est rédigé qu’en français et il en a toujours été ainsi. Le proprio, qui se dit nationaliste, a beaucoup appris de ses conversations avec Gérald Godin qui venait y festoyer régulièrement.

D’autres personnages légendaires sont associés à Ty-Coq, notamment Roger Baulu, le prince des annonceurs, qui en fut propriétaire. Tout le Plateau sait que le dramaturge Michel Tremblay y fut livreur dans sa jeunesse. Enfin, le célèbre Rocket Richard que Claude Patenaude côtoyait dans Ahuntsic et qu’il admirait autant pour son travail auprès des jeunes du quartier que pour ses exploits sportifs. Par ailleurs, la famille Patenaude détient des billets de saison du Forum depuis...1937 (sans blague !).

Parallèlement aux années 90 effervescentes, Claude Patenaude a aussi flairé le vent correctement. Dès les premières manifestations de la mode des déjeûners-brunchs, il a sauté dans la locomotive et ne le regrette pas : aujourd’hui, ces repas matinaux représentent pas moins de 60% de son chiffre d’affaires.

Le restaurateur ne se repose pas sur ses lauriers : les jeudis, vendredis et samedis, il assure lui-même le service aux tables, matin et midi. Parce qu’il aime le public, prétend-il, et pour garder la forme. Ai-je besoin d’ajouter que Claude Patenaude a mené une double vie pendant 29 années à titre d’administrateur gestionnaire d’une pharmacie située dans le quartier Rosemont ?

Veuf à quatre reprises (s’est-il moqué de moi ?), Claude Patenaude devient exubérant lorsqu’il parle de Chantal, sa nouvelle compagne. Il se dit également redevable envers la stabilité de son personnel : Nelson Pelletier (25 ans derrière le fourneau de jour), Aimé Boucher (Ti-Mé) au four le soir, Eulalie du Burkina Faso et sa fille arrivée de la Côte-d’Ivoire, Ikbal du Bengla-Desh, Nathalie, Diane, Chantal, Mathieu et Marie-Pierre. Quelle famille !

Pas vraiment prêt pour la retraite, vous avais-je prévenu...

En rafales...

 Mettez-lui du Elvis et le pelvis lui part
 La Grande Séduction : il a adoré
 Répéter quelque chose qui devrait déjà être compris : il n’aime vraiment pas
 Plaisir ultime : voir une jolie femme s’asseoir à l’une de ses tables
 Un handicap de 6 au golf ! Pas si mal, non ? Et du vélo dans les mollets…
 Il se serait bien vu transiger sur le parquet de la Bourse





















 
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