Samedi le 09 juin, 2007 |
Dans ma dernière chronique, je vous entretenais sur cet article du Journal de Montréal qui fessait fort sur 15 des 38 CHSLD du Québec et qui pointait particulièrement la Villa Plaisance dans les Iles.
On m’a dit que le personnel de l’institution est dévasté par ce papier négatif et généraliste qui, vous le noterez, n’a pas connu de suite dans les pages du Journal. Le scribe manquerait-il de substance pour étoffer son dossier?
Dans la grande métropole où ma vie se déroule à vitesse folle, je n’ai pas compris cette liste de reproches formulés par les inspecteurs du gros système de la Santé : malpropreté, mauvaises odeurs, malbouffe, manque d’éthique, animation déficiente et autres vices faciles à imaginer dans les circonstances.
Je n’ai pas compris ces accusations pour la simple et bonne raison que j’ai moi-même «espionné» la Villa Plaisance à plusieurs reprises depuis que ma Cécile y a fait son entrée.
Le gars de Montréal s’est tapé deux séjours d’une semaine dans les Iles-de-la-Madeleine à chaque année, à raison de deux ou trois visites quotidiennes à l’improviste. On parle donc d’une bonne cinquantaine d’occasions où je me suis glissé dans cette villa pour partager des morceaux du quotidien de ma mère et son voisinage.
Pensez-vous que j’aurais accepté que ma Cécile soit négligée comme le laissait entendre le journaliste montréalais? JAMAIS, et j’insiste sur le mot, n’ai-je été témoin d’une situation abusive ou inacceptable. Bien sûr que des odeurs d’incontinence m’ont parfois irrité les narines. Mais on est pas au Ritz-Carlton ici. On est dans un centre hospitalier pour personnes âgées déficientes. Et je vous assure que ces moments inconfortables ont toujours été rapidement rectifiés.
Avez-vous déjà pensé au travail «quotidien» des préposés aux malades ? Les bains, les nettoyages, les conversations (!!!) avec les patients, les petits gestes d’accompagnement, les bouchées qui dégoulinent sur le menton, l’insistance douce pour être compris, les éternels recommencements et répétitions. C’est pas juste pour le salaire (et quel salaire !) que ces gens-là entrent au boulot chaque jour. Moi j’en serais totalement incapable. R-E-S-P-E-C-T. C’est le mot qui exprime le mieux ma pensée.
Sur les murs de chaque étage de la Villa Plaisance, j’ai bien vu ces dizaines de plaques et cadres que des familles ont laissés suite au décès de leurs aînés. Entre les lignes polies et reconnaissantes des messages gravés, j’imagine toujours la parenthèse suivante : «Merci d’avoir pris ma place, moi je n’étais plus capable !».
Je retourne voir ma Cécile durant la dernière semaine de juin. Je prolongerai mes visites à la villa pour exprimer ma reconnaissance à chacune de ces personnes pour l’attention et les soins qu’ils dispensent à chaque journée additionnelle que le Créateur accorde à Cécile. C’est pas grand chose, mais je pense qu’ils et elles en ont bien besoin suite à l’article nauséabond d’un scribouillard bien assis dans son bureau bien ventilé dans la grande ville.
J'en profite pour allumer les 86 chandelles virtuelles que ma Cécile pourrait souffler aujourd'hui. Un Joyeux Anniversaire Mom, avec une grosse Bise ... Dans deux semaines, je te serre bien fort dans mes bras.
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Et oui, j'ai maintenant mon blogue sur
crocomickey.blogspot.com
et j'adoooooore y lire vos commentaires 
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